Poni




Au théâtre Monty d'Anvers, lors d'une rencontre improbable, nous avons rencontré Franck Pay, l'un des membres de PONI, collectif artistique expert à contaminer la scène. Parés pour un mix détonnant de perf, concert et danse ?

- Deux titres de PONI en écoute sur le blog Saisons : Bacteria et Butterfly (extraits du The Bacterial Tour)

Au dernier étage du théâtre Monty à Anvers, Franck Pay de PONI lézarde. Commence par démêler paresseusement un jack, allume une clope, puis se demande soudain si anchois-poivrons-fromage était bien la combinaison opportune pour la pizza qu'il vient de ramener…
Cette nonchalance tranche avec les performances de ce collectif de danseurs, musiciens et plasticiens. PONI est une sacrée mauvaise herbe, un essai à la sueur entre post-rock et danse contemporaine, tantôt sexy, tantôt idiot, mais jamais tranquille.

Leur deuxième création, les PONI l'ont judicieusement nommée… Projet2. Les titres et patronymes « ne font pas partie des soucis de la maison » souligne Pay comme pour s'excuser. « D'ailleurs le nom « Poni » ne signifie rien du tout, sa seule vertu est de pouvoir se prononcer dans la plupart des langues de façon similaire ». Compromis idéal car ils sont une dizaine pour presque autant de nationalités : des Belges (Franck Pay, Rodolphe Coster), des Islandais plus ou moins exilés (Erna Omarsdottir, Gudni Gunnarsson), à l'occasion des Québécois (Julie Andrée T) et bon nombre de nomades.

Le mystère PONI, c'est d'arriver pourtant à dégager quelque chose d'incroyablement fusionnel. Il y a les affinités électives, mais surtout la rigueur d'un principe : « on travaille désormais ensemble 10 jours par moi pendant un an, en multipliant les résidences en Belgique et ailleurs » explique Franck Pay.

Il assume d'être à l'initiative de PONI mais avoue « ne rien diriger, je m'ennuie très vite avec moi-même ». Et se montre lucide sur ce qu'est un « collectif d'artistes» : « souvent plus une idéologie qu'une pratique. C'est difficile et utopique, mais ce sont justement ces limites que l'on recherche : quand y a-t-il une meute, ou une somme d'individus ? »

En France, c'est l'institution culturelle qui les a repérés : Centre Pompidou, Ballet Preljocaj, Lieu Unique. Pourtant, se confronter à la passivité inhérente à leur faune frangée ne déprime pas Franck Pay : « dès le début on a été sur cette brèche : tantôt dans des clubs rock, tantôt dans les galeries ou des salles de danses. Notre question est toujours : c'est quoi un rituel, un concert, un spectacle. La tournée s'appelait « The Bacterial Tour », on cherche à contaminer le public : ça peut avoir lieu, ou pas, dans des contextes très différents. »

Agenda : - PONI est au Lieu Unique à Nantes le 19 octobre 2005, pour la dernière du Projet1. Ils ont promis des surprises… - A Bruxelles, tout les premiers jeudi du mois, il y a du PONI à Recyclart : les étapes du Projet2

Julien Carrel.

- La suite est sur www.poni.be - Présentation sur le site du Lieu unique - Le site Recyclart.be - Deux titres de PONI en écoute sur le blog Saisons