Portishead



Portishead Nationalité : britannique
Naissance : 1992
Age : 17 ans
Label : Go Beat
Genre musical : Trip-Hop
Écoutez Portishead sur : Radio Flu - Radio Pop Rock
I'm not afraid of the music industry anymore
Ajouter une citation de Portishead - Consulter les 3 citations de Portishead
10 albums qu'il faut avoir écoutés en 2008
Combien y-a-til eu de sorties d'albums et de...
Tops Mojo et Uncut 2008 : les gagnants...
La fin d'année est très propice aux classements,...
Mercury Prize 2008 : Elbow plus fort que...
Radiohead, Burial et The Last Shadow Puppets se...
Barcelona es De La Kool
Cher lecteur. Je t'écris de Barcelone où nous avons...

 

En 1991, Geoff Barrow, alors assistant sur l’enregistrement du séminal Blue Lines de Massive Attack, rencontre la chanteuse Beth Gibbons et forme Portishead, un nom emprunté à son village natal. Du fin fond de l’Angleterre nous arrive alors une déferlante glaciale et hypnotique, promise à mythes et merveilles.

 

Un sample, c’est comme un cheveu…

 

Et dire que Portishead aurait pu rater d’un cheveu sa renommée internationale. Car si tout le monde connaît ces mots glaçants "Give me a reason to love you", moins connaissent son titre, "Glory Box", bien moins ont entendu le reste de la musique du groupe, et encore moins identifient la provenance du matériau musical (un sample d’Isaac Hayes) qui façonne "Glory Box" à… 80 %.

 

 

Mais revenons-en au début du groupe, avant l’éclosion au monde de Portishead. Nous sommes au beau milieu des années 90 et le trip hop fait rage à Bristol (et dans tous les coins neurasthéniques branchés de la planète). La Wild Bunch, collectif dont sont issus Massive Attack et Tricky, mêle les ambiances "blanches" (la Cold Wave, la No Wave, le rock anglais) aux rythmes "black" (hip hop, reggae jamaïcain, soul Motown) pour accoucher d’un son post-moderne, à la fois tripant et tribal. Plus remarquable est la citation de grands cinéastes comme sources d’inspiration : Spike Lee, Peter Yates, etc. Le trip hop entretient donc d’étroites relations avec le 7ème Art, comme en atteste un grand nombre de bandes originales de films produites à la fin du XXème siècle (Roméo + Juliet, Unbreakable…).

 

C’est naturellement que la musique de Portishead est rattachée au genre dès les premières notes de Dummy. Marquée par la fusion du "trip" et du "hip-hop", on retrouve d’un côté les breaks syncopés du batteur Clive Deamer, les scratches d’Andy Smith et de l’autre part les solos trippés de Adrian Utley (guitariste), les atmosphères vastes ou claustrophobisantes de Geoff Barrown (clavier). En outre, les références immédiates renvoient sans détour au cinéma et à ses scores les plus emblématiques, des James Bond de John Barry à la trilogie des Dollars de Ennio Morricone, en passant par les noirs climat d’Angelo Badalamenti.

 

Le souffle inquiet de Beth Gibbons

 

Néanmoins, Portishead se démarque du reste des productions bristoliennes par son penchant très fortement jazzy, et possède un atout incommensurable : la voix inoubliable de Beth Gibbons, vraie diva torturée et charismatique comme ont pu l’être en leur temps Nina Simone ou Billie Holiday.

Sorti en 1994, leur premier album Dummy agit comme une massue soigneusement appliquée sur l’arrière de la tête. Paroles névrotiques implorantes ("Wandering Star"), ambiances délétères au chant faussement détaché ("Sour Times"), morceaux qui sombrent brusquement dans le bruit ("Glory Box"), mélodies infiniment tristes ("Roads"), on croit avoir atteint un sommet de neurasthénie… Avant la sortie de Portishead, second opus encore plus plombé. Car il reste une petite place pour le repos de l’âme dans Dummy : le gospel de "It’s A Fire" ou la douceur enivrante de "Glory Box", qui, avant d’être cette ritournelle usée jusqu’à la corde par des programmateurs radio flemmards, reste une ballade sacrément belle.

 

Insupportable succès ?

 

Alors qu’il semblait chaud pour pondre un album par an, Geoff Barrow a du mal à assumer le succès, et trois longues années séparent Dummy de Portishead. Un album sans rupture de style ou de personnel, plus triste et rude à l’écoute, malgré l’éblouissant single "All Mine", faux générique de James Bond qui a infiniment plus de panache qu’une version de Garbage (au hasard). La dépression guette le groupe le plus dépressif de la planète, le succès est un peu moins fort, et ce n’est pas le Roseland NYC Live qui va empêcher l’hibernation de Portishead. Sorti en 1998, ce document-concert est un chef d’œuvre qui transcende toutes les versions studio : porté par un orchestre, sublimé par un chant sur le fil… à croire que Beth Gibbons vide ses larmes en cachette pendant les applaudissements.

Cette dernière veut prendre l’air, et dix ans durant, chacun vaque à ses occupations, le génie artistique ne rôdant jamais loin. Utley et Deamer interviennent en toute logique sur le premier album de Goldfrapp, Geoff Barrow produit Invisible Invasion de The Coral, Utley encore va frotter sa guitare sur Fantaisie Militaire de Bashung (yeah !) et Caravane de Raphaël (gasp !). Mais c’est Beth Gibbons qui décroche le pompon médiatique avec son Out Of Season enregistré en 2002 en collaboration avec Paul Webb aka Rustin Man, bassiste de Talk Talk. Si l’on a tôt fait d’y voir une sorte de rappel acoustique de l’œuvre de Portishead, le disque reste surestimé et assez inégal, oscillant entre perles sublimes ("Mysteries", "Tom the Model", "Show" et "Funny Time of Year") et ballades plates.

 

L’éternel retour…

 

... ou plutôt l’éternel faux-retour. L’explosion d’Internet voit les rumeurs les plus folles courir autour du groupe. Des faux morceaux sont leakés sur les P2P. "Portishead est en studio" sonne comme une blague, et pourtant certains y croient toujours. L’arlésienne se poursuit avec un nom d’album, Alien, et deux morceaux qui ont des relents de maquettes avortées sur leur myspace. En 2008, alors que même les ayatollahs n’y songent guère plus, l’annonce secoue la blogosphère : Third est prêt à déferler sur la planète, le 28 Avril 2008. Joie de retrouver les jours pluvieux ! tels les escargots ou les champignons, les fans sortent de leur engourdissement, téléchargent l’album et y vont de leurs commentaires ébahis, déçus ou exaltés. De quoi tenir encore une bonne dizaine d’années.

Photos de Portishead



test

Les titres de Portishead

Mysterons (1994)

Sour Times (1994)

Strangers (1994)

It Could Be Sweet (1994)

Wandering Star (1994)

It's A Fire (1994)

Numb (1994)

Roads (1994)

Pedestal (1994)

Biscuit (1994)

Glory Box (1994)

Cowboys (1997)

All Mine (1997)

Undenied (1997)

Half Day Closing (1997)

Over (1997)

Humming (1997)

Mourning Air (1997)

Seven Months (1997)

Only You (1997)

Elysium (1997)

Western Eyes (1997)

Humming (1998)

Cowboys (1998)

All Mine (1998)


Toute la discographie de Portishead

Portishead : dossiers et critiques

Magie noire

Personnalités associées à Portishead

Personnalités Similaires Moby, Goldfrapp, Morcheeba, Tricky, Craig Armstrong, Archive, Sia, Martina Topley-Bird
Inspirations Serge Gainsbourg, Pink Floyd, Billie Holiday, Isaac Hayes, Nina Simone, Ennio Moricone, John Carpenter, John Barry, Ludo Pin, La Casa
Collaborations Tom Jones, The Coral, Alain Bashung, Talk Talk
Amis/Famille Massive Attack
Membres du groupe Beth Gibbons

Les sites consacrés à Portishead

Le site officiel de Portishead

Portishead : vos commentaires

WildHorse (invité)   24 Août 2008 à 00:10   

Humm.. je l'attendais tant ! Portishead a accompagné de ce qui semble être mes plus belles années. Ce Third album est excellent, on sent bien l'évolution du groupe, onze années ont passé, on sent la chose plus calme, plus détendue, mais plus venimeuse, comme une relation adultérine qu'on retrouve, onze ans après la rupture. Personnellement, les larmes me viennent sur The Rip, cette chanson me parle beaucoup, par mon vécu. J'espère qu'ils ne mettront pas onze ans à se revoir, l'adultère peut durer des années...c'est si bon...

Claude (invité)   22 Juillet 2008 à 18:28   

Excellent jusqu'au bout. Ils ont évolué toute en finesse.

franck (invité)   28 Juin 2008 à 17:06   

trop bien le crescendo de machin gun .

Ajouter un commentaire / Consulter les 4 commentaires