Public Enemy est pour tous, rockeurs comme B-boys, le groupe emblématique du hip hop conscient. Son discours radical, son attitude, son engagement dans le combat visant à la reconnaissance de l'égalité et des droits civiques, et plus loin encore, sa philosophie prêchant une forme de révolte afro-américaine active, voir d'afro-centrisme (ce que d'aucun leur ont largement reproché) en fait un exemple pour de nombreux groupes militants de part le monde, américains mais aussi français ou anglais. Originaire de Long Island (Etat de New York) Public Enemy s'extrait en 1982 du virulent collectif de DJ et de rappeurs du Bomb Squad, ex-Spectrum City. Composé du puissant Carlton Ridenhour alias
Chuck D (au chant), de William Jonathan Drayton, Jr. (
Flavor Flav) et du DJ
Terminator X (de son vrai nom Norman Rogers), Public Enemy (ou PE) s'acoquine un temps avec Richard Griffin, alias
Professor Griff. Celui-ci s'éloignera rapidement du groupe en raison, entre autre, de ses opinions frôlant l'antisémitisme. Des opinions qui mûrissent au cours des années 80. Le groupe fonctionne en effet comme un micro-gouvernement où chacun à sa place : Chargé de la communication, des relations publiques, le bras "armé", etc.
Dès leur premier album
Yo! Bum Rush The Show en 1987, le groupe rencontre un succès phénoménal. Leur mélange de rythmes hardcore, leurs lyrics sans concession, l'usage de samples issues du free jazz et du funk ou de "bruits concrets" (sons de la rue, alarmes de voiture, sirènes de police, etc.) par Terminator X, en font un groupe pionnier qui posera les bases musicales du hip hop futur, influençant particulièrement le rap français de
NTM,
113 ou
Assassin. A l'image de
Run DMC, quoique pour des raisons différentes, Public Enemy est l'un des groupes hip hop parmi les plus honoré de l'histoire du genre. Le magazine Rolling Stone les placera dans le Top 100 des figures incontournables de la musique populaire et il sera l'un des groupes les plus diffusé sur MTV. Public Enemy sera aussi l'un des premiers groupes hip hop à entamer une vaste tournée mondiale. Indépendant jusqu'au bout, ils tenteront également la distribution d'un album entier sous forme de MP3, support quasiment inconnu à l'époque. En 1990, le groupe défraie la chronique avec
Fear of a Black Planet, leur album le plus controversé. Leur soutien à la
Nation of Islam de
Louis Farrakhan, leur utilisation de l'image et des discours les plus extrémistes de
Malcolm X, ainsi que les déclarations de Professor Griff enflamme la critique et avivent les arguments de leurs opposants. Paradoxe, le groupe recule quelque peu dans les médias, en parti à cause de leur virulente critique, mais ne cesse de monter dans les charts. Les années 90 sont plutôt calmes pour Public Enemy, on annonce même une séparation. Pourtant, c'est plutôt une reformation que l'on annonce, la preuve de passage à Paris pour fêter la sortie de leur nouvel album
Beats and Places en 2007, ils enflamment le Zénith. Alors ? A suivre…