Gyrate Plus de Pylon



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Marteau Pylon



La redécouverte de Pylon par Mr. James Murphy est l'occasion rêvée de vous présenter un album bénéficiant d'une actu brûlante. En effet, c'est grâce au Pygmalion de service du "mutant funk disco punk" new yorkais, que nous avons aujourd'hui la chance de pouvoir écouter (et danser !) sur les rythmes mécaniques de cette obscure pépite du post-punk américain. Pour la petite histoire, sachez que Pylon, est un quatuor punk-funk séminal, actif de 1979 à 1983. Originaire d'Athens en Georgie, le groupe est composé de 3 gars et une fille. Initialement introuvable, leur premier album Gyrate, est aujourd'hui réédité chez DFA, augmenté de maxis et d'inédits, sous le titre Gyrate "Plus". Une forme de clin d'œil certainement ironique, tant l'usage de tout superlatif sied mal à ce groupe à l'origine d'un funk décharné au groove robotique et cyclothymique pourtant tout à fait infernal.
Avec Gyrate Plus, Pylon réussit l'exploit de vous faire effectuer les contorsions les plus sauvages tout en restant parfaitement rigide ! La dance du zombie quoi !
C'est la quintessence du disco punk américain, à la fois dansante et désossée, tel qu'entendue chez les tenants de la no wave new yorkaise, comme James Chance, DNA ou Bush Tetras, et dont le slogan pourrait clairement être : "Contort Yourself !". On peut aussi oser une autre comparaison en déclarant que, tout en cultivant le même sens du rythme monolithique et en jouant dans la même cour, celle du punk funk, Pylon c'est un peu ESG à l'os, sans les rondeurs et sans la soul. Deux groupes exécutant le même genre de musique à la fois funky et janséniste, mais dont les origines diamétralement opposées aboutissent au final à un résultat aussi totalement différent qu'étonnamment proche. C'est ce que j'appelle le paradoxe du funk blanc.
Sur Gyrate Plus, le combo interprète donc une forme parfaitement froide et minimaliste du funk, mais il l'exécute avec une frénésie communicative et jouissive. Un peu à la manière de Talking Heads période Stop Making Sense, sans les apports ethniques "kora, sanza, balafon et blablabla" ! Musicalement on pense aussi au Wire de Colin Newman, si les Anglais avaient jamais su (et surtout voulu !) nous faire danser, ou encore à une troupe de robots répétant les tubes de Gang Of Four. Soutenu par la voix de félin famélique de Vanessa Briscoe Hay, Pylon balance ses bombes dancefloor disco punk avant l'heure, avec une telle facilité qu'on finit par se dire qu'il y a des chances pour que ce soit eux qui aient inventé le genre ! Leur musique aussi répétitive et saccadée soit-elle n'en est pas moins rageuse et engagée. Le groupe pond aussi de véritables tubes en puissance, comme "Danger", le morceau que LCD Soundsystem aurait rêvé signer, et c'est ce qu'il a fait en quelque sorte puisque grâce à cette magnifique réédition tout le monde va pouvoir écouter Pylon. Loués soient DFA et son saint patron !

 

 

Maxence Grugier Le 30 janvier 2008
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