R.E.M.



R.E.M. Nationalité : américaine
Naissance : 1980
Age : 29 ans
Label : Warner
Genre musical : Pop
Écoutez R.E.M. sur : Radio Pop Rock
No way, ab-so-lute-ly no way ! I'm not going to be in a band with this guy, there's no way on earth ! Michael Stipe lors de sa première rencontre avec Mikel Mills, le bassiste
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Un groupe faussement sudiste


Se serait-on intéressé à Bristol s'il n'y avait pas eu le mouvement trip hop, à Oxford sans Radiohead et à Athens sans R.E.M. ? Des décennies après la formation du groupe en 1981, on ne cesse de citer cette ville inconnue au bataillon comme le berceau et la patrie des trois membres du groupe. Pour un groupe dont l'image est si fortement associée à la région sud des USA, il faut rétablir la vérité et admettre que seul le chanteur Michael Stipe est originaire d'un état du Sud (Georgie). Ce dernier, d'ailleurs, y est seulement né et a suivi dans sa jeunesse son père militaire aux quatre coins du pays. Robyn Hitchcock des Soft Boys disait au sujet de R.E.M. "Peter Buck n'est pas plus du Sud que moi. Ok, Michael l'est un peu, mais ce ne sont pas des gothiques du Sud et ils ne véhiculent pas du tout les clichés attachés à cette région."
 
Athens, cette ville reconnue du temps de R.E.M. n'a pourtant pas attendu ces derniers pour se doter d'une scène musicale. Jusque dans les années 70 punk et new wave y ont fait la loi. La formation et le succès du groupe local, les B-52's, ont ouvert la voie à une volée de groupes arty. Pour la carrière de R.E.M., tout débute à Wuxtry Records (boutique de disques), où Peter Buck joue de la guitare par dessus les disques au lieu de les vendre. De son côté, Stipe passe par les cours d'arts de la fac de Georgie où il parvient à convaincre ses profs qu'il bossait alors qu'il n'en branlait pas une. ("I was a wretched student. I was able to convince my teachers what I was doing was worthwhile when wasn't really doing nothing"). Mike Mills et Bill Berry, les deux autres membres, se connaissent déjà et débarquent eux aussi à Athens. Tous sont alors plus ou moins dans des groupes et abonnés aux petits boulots.

C'est dans cette boutique, que le jeune Stipe traîne de temps en temps et toujours accompagné de deux jolies filles, qui n'étaient pas ses conquêtes, mais ses soeurs. C'est là que Buck et Stipe se lient d'amitié et en viennent à habiter ensemble dans une église à Oconee Street. Une passion commune pour Patti Smith et des longues soirées arrosées de bière aidant, les deux se mettent dans la tête de faire de la musique, pas pour de venir des stars, juste pour faire comme la moitié des jeunes d'Athens.
 
L'un chante, l'autre gratte, même si l'ambition est quasi nulle, il manque quand même à Buck et Stipe, une section rythmique qu'ils trouveront en la personne de Mike Mills (bassiste) et Bill Berry (batteur). La rencontre se fait par une amie commune et la légende veut aussi que Stipe ait été impressionné par les sourcils (ou le sourcil) de Bill Berry et que c'est pour cette raison qu'il l'a pris comme batteur. Quand à Mike Mills, qui lors de leur première rencontre était bourré, Stipe aurait déclaré "No way, ab-so-lute-ly no way ! I'm not going to be in a band with this guy, there's no way on earth !". Le line-up de R.E.M. est fixé et il ne bougera pas jusque 1997, date du départ de Bill Berry du groupe. Le rendez-vous est finalement pris pour le 5 avril 1981, date du premier concert des Twisted Kites et futur R.E.M, dans une église à Athens, celle d'Oconee Street. Reprises de The Monkees, des La's, un mot au hasard pris dans le dico et R.E.M. naît.

Pourquoi le nom R.E.M. ? "Because we like the dots" explique Stipe.



Des college radio aux stades


Un premier single "Radio Free Europe" (juillet 1981), sur le label Hib-Tone et un concert donné à la Nouvelle Orléans marqueront leurs débuts véritables. Ce soir, le président du label I.R.S. est dans la salle et part à la rencontre de Stipe et de sa bande : "Hi, I'm Jay Boberg" et Stipe de dire "Oh man, we were hoping you wouldn't come !". En mars 1982 signe chez I.R.S. et publie un ep du nom de Chronic Town. Pour assurer la promotion de ses concerts, le groupe accorde des interviews aux college radio (radio universitaires) et s'offre une visibilté, et à terme un succès plus étendu. Plus que les tournées, ces radios et la presse locale leur ont ouvert la voie. Murmur, le premier album est enregistré en 1983 et remporte un succès. Abrasif, avec des relents de punk, Murmur est entouré d'un nuage de mystère, de mélodies héritées des Beach Boys et d'arpèges de guitare à la Byrds. La new wave sévit alors et cet album (dit comme le meilleur du groupe) excelle dans son ambition dissimulée à faire de la pop. Concerts à gogo, notamment en 1ère partie de The Police, R.E.M. devient rapidement le groupe américain du moment à suivre.
 
Avec Reckoning (1984), R.E.M. confirme sa place de groupe majeur de la scène rock US. Fables of the Reconstruction (1985) est la meilleure vente US du label I.R.S mais ne rencontre pas un immense succès en Europe. L'album, enregistré en compagnie de Joe Boyd, y est jugé triste et mal enregistré. L'année 1986 voit le jour de Lifes Rich Pageant et devient disque d'or aux USA. Pourtant de l'autre côté de l'Atlantique, le public semble absent, sans doute à cause de la mauvaise distribution des disques du label en Europe. R.E.M. prend alors la décision de quitter la structure pour s'assurer une carrière (quasi à vie, chez Warner) et I.R.S. publie une dernière fois un disque du groupe, Eponymous, compilation de singles et de raretés.

Green, premier album chez Warner se vend à 4 millions d'exemplaires et entraîne le groupe dans une tournée colossale. C'est après une longue pause que le groupe se retrouve pour l'enregistrement de Out of Time (publié en 1991). L'album offre au groupe la résonance internationale (ventes à presque 12 millions et 3 Grammy Awards en 1992 ) qu'il recherchait, grâce aux singles "Losing my religion" et "Shiny Happy People". Alors que le titre "Losing my religion" passe à l'époque et encore aujourd'hui sur toutes les ondes, le groupe surprend, ne fait pas de tournée et se prépare à Automatic for the people. Sorti en 1992, il s'agit encore d'un concentré de tubes "Everybody Hurts", "Man on the Moon" et "Drive" ; résultat : 10 millions d'exemplaires écoulés. Là, encore pas de grosse tournée, on explique alors ceci par l'état de santé de Stipe qui serait atteint du sida...le groupe dément, enterre cette rumeur et publie l'album rock Monster. R.E.M. remonte sur scène pour une tournée à succès, tournée au cours de laquelle Bill Berry, le batteur subit une attaque. Après une période de repos, Berry est d'attaque et le groupe poursuit avec New Adventures in Hi-Fi album de rock brut et moins évident que Monster.
 
Depuis l'attaque qu'il a eu, Berry, même s'il n'est pas mourant, accuse le coup et semble tout simplement se demander s'il n'en a pas fini avec le groupe. C'est en 1997, qu'il annonce son départ pour des raisons médicales entre autre et convainc le reste de la formation à continuer sans lui.




Up et les machines à la rescousse


Suite au départ de Bill Berry, R.E.M. autrefois quatuor devient un trio. La presse et l'entourage de R.E.M. se pose des questions quant à l'avenir du groupe qui n'a jamais été qu'un quatuor depuis ses débuts. A ce sujet, Michael Stipe déclare que "un chien à trois pattes reste un chien". Peter Buck, Mike Mills et Michael Stipe tireront profit de cette grave crise pour fournir un des plus bels albums de leur discographie.

Pour l'enregistrement de l'album Up, les trois restants avouent avoir passé de difficiles moments. Up, était un disque qu'ils voulaient facile, spontané et qui a été tout le contraire. Eprouvant le besoin de se remettre en question, le groupe met un terme à sa collaboration avec Scott Litt pour se louer les services de Pat McCarthy à la production. Joey Waronker, batteur de Beck, Nigel Godrich (assistant à la prod) feront aussi le son de l'album Up. En termes d'inspirations, le groupe affiche clairement avoir écouté des artistes de la mouvance électro, issus du label Warp, pour ne citer que et concède le pessimisme ambiant (dans les paroles et les atmosphères) qui plane sur les compos de Up. Petit échec commercial, Up est sûrement avec Murmur l'album le plus impressionnant de la carrière du groupe. Sincère, sensible, le groupe s'y met à nu et prend pris un énorme risque en enregistrant ce disque OVNI, de pop malade nappée d'électro. La presse ne peut qu'acquiescer et consacrer R.E.M. comme l'un des groupes les plus intéressants de la scène rock US, encore une fois. Le trio se consacre ensuite à la BO du film sur l'humoriste Andy Kaufman, Man on the Moon avant de faire son retour avec un nouvel opus.

En 2001, Reveal affiche un ton différent et la bonne santé du groupe avec des chansons solaires, pop et enveloppées de beauté. Là, encore, le son R.E.M. a changé en mettant de côté les guitares au profit des machines, là encore l'enregistrement de l'album a été une épreuve. Avant la sortie d'Around the Sun en 2004, Warner sort, In Time : The Best Of R.E.M., 1988-2003, avec les inédits "Bad Day" et "Animal".

Un autre best-of sort chez EMI, And I Feel Fine... The Best Of The I.R.S. Years 1982-1987, et 2008 voit le jour d'Accelerate. Retour des guitares ? Fin de la crise du groupe ? R.E.M. affiche clairement un son qui rappelle ses débuts, des chansons pop-rock de 2 min 30 sans machines. Moins innovant que ses précédents disques, Accelerate, présente R.E.M., ce groupe qui depuis presque 30 ans fait de la pop-rock sans prétention.




Stipe, the "Man on the Moon"

 

Contrairement aux autres vieux groupes à stade (U2, The Rolling Stones), R.E.M. ne subit jamais les critiques de la presse. On pourrait même parler d'idylle tant les médias aiment à rappeler la carrière exemplaire du groupe, sa façon de gérer son image et son intelligence qui ne les ont jamais mené sur les voies d'autoroute où tout était tracé d'avance. Depuis plusieurs années, le groupe se place admirablement entre music business et entreprise à haute moralité. La sortie d'un album de R.E.M. reste toujours un événement même si on reconnaît que les passions ne sont plus autant attisées qu'avant. Plus que les disques en eux-mêmes, la presse met en évidence l'identité du groupe, la personnalité de Michael Stipe, son engagement politique et admet elle-même qu'il est dur de reprocher quoique ce soit au groupe d'Athens.

L'identité du groupe doit beaucoup à son charismatique chanteur, Michael Stipe. Etudiant en arts dans sa jeunesse, il a toujours indiqué la direction artistique (pochettes de disques, clips) et politique du groupe. Engagé dans des causes aussi diverses que la libération du Tibet (le concert Free Tibet à Washington en 1998), que le féminisme ou l'écologie. En 2004, Stipe participe à la tournée Vote for Change en soutien au candidat démocrate, John Kerry. Ami de Kurt Cobain, parrain de la fille qu'il a eue avec Courtney Love, intime de Patti Smith, Michael Stipe est ce chanteur au look autrefois déluré et qui affiche aujourd'hui une sagesse et une élegance toute naturelle. A la fois leader de la machine R.E.M. et décrit comme une personne timide, le mystère Stipe tient à son existence à mi-chemin entre terre et ciel.
 
 
Par Rita Carvalho

Photos de R.E.M.






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Les titres de R.E.M.

Losing My Religion (1991)

Imitation Of Life (1991)

How The West Was Won And Where It Got (1996)

Wake-Up Bomb (1996)

New Test Leper (1996)

Undertow (1996)

E-Bow The Letter (1996)

Leave (1996)

Departure (1996)

Bittersweet Me (1996)

Be Mine (1996)

Binky The Doormat (1996)

Zither (1996)

So Fast, So Numb (1996)

Low Desert (1996)

Electrolite (1996)

The Worst Joke Ever (2004)

High Speed Train (2004)

Aftermath (2004)

Boy In The Well (2004)

Wanderlust (2004)

I Wanted To Be Wrong (2004)

Final Straw (2004)

Make It All Okay (2004)

The Outsiders (2004)


Toute la discographie de R.E.M.

Personnalités associées à R.E.M.

Personnalités Similaires Vic Chesnutt, The La's, The Feelies, Joseph Arthur
Inspirations Kenna
Collaborations Radiohead, B-52's, The Thrills, Nigel Godrich
Amis/Famille Nirvana, Patti Smith, Björk, Courtney Love, Morrissey, Billy Bragg, Kurt Cobain, Thom Yorke, Pylon, Joe Boyd

Les sites consacrés à R.E.M.

Le site officiel de R.E.M

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