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Oui. ca veut dire aussi avoir une longueur d'avance, et parfois utiliser des technologies "bouts de ficelles".
Parlez-nous du coupé-décalé. C'est un rythme ivoirien que vous utilisez, n'est-ce pas ?
On aime beaucoup oui, on en joue dans nos sets, on s'en inspire forcément et on travaille avec les quelques artistes qui nous plaisent ( il y en a assez peu finalement). Il y a eu un age d'or vers 2005, depuis c'est calme a part ou un deux mecs qui réinventent le genre. Magic System restent les maîtres ultimes en matière de musique club ivoirienne.
Vous avez (notamment) produit M.I.A., Santogold, The Cocknbullkid et Vampire Weekend avant tout le monde. Comment les avez-vous découverts ?
De manière différente a chaque fois. Un mélange de chance, d'oreille et de travail de dépistage obsessionnel. Des artistes comme MIA ou Vampire Weekend ne se font pas découvrir tous les jours, ils ont été à un moment de notre vie les plus importantes popstars de la planète. A la fois pop et casseurs de frontières, tout ce qu'on aime.
Le truc cool en 2008, c'est l'afro beat. Vous êtes un peu à l'origine de cette vague de tropical-punk ou tropical pop, non ?
C'est flatteur, on a peut être été en avance sur les gens de notre génération mais la musique ‘world' a toujours été a la mode, un peu comme une bonne paire de jeans levis 501. Pas une décennie depuis les années 40 sans son lot de tueries exotiques. Des gens comme Damon Albarn, Bob Sinclar ou Gainsbourg avant eux ont ouvert la voix. Le single que Damon Albarn vient de produire pour Amadou et Mariam, "Sabali", est sublime dans le genre.
Avec Switch, Diplo, Ed Banger et Sinden, vous formez une sorte de dream team de producteurs. C'est plutôt une concurrence entre vous, ou un projet commun de rénovation de la pop par la world ?
Ce sont des amis et les gens que l'on respecte a fond aujourd'hui effectivement. Il y a une émulation mais aussi un échange d'informations au quotidien. Il y a un projet de rénover la musique et de faire vibrer, par tous les moyens possibles et imaginables.
Chaque mois, vous organisez des soirées "Secousse" à Londres. D'où vous est venue l'idée ? Vous pouvez nous décrire l'ambiance et le projet ?
D'un fantasme de faire une soirée tropicale ambiance bal populaire martiniquais ou tous les pays du monde seraient représentés dans la sélection musicale. Et ou à la place des stroboscopes et de la plomberie apparente on ait des gros palmiers partout. L'envie aussi de lancer une résidence régulière, de s'incruster un peu plus dans la ville où l'on vit, d'essayer de devenir une institution de la nuit, de sortir des compilations aussi.
On a été aussi très fatigués de la compétition sonore entre les djs où chacun doit faire le plus de bruit possible quelle que soit l'heure du set, on n'entendait plus de warm ups de qualité nulle part. On voulait réutiliser le silence par exemple, faire monter la sauce tout doucement. Et finir en troisième guerre mondiale. On fait jouer des groupes en live le plus souvent possible aussi et cela nous permet de rencontrer d'excellents musiciens en tout genre, ce qui enrichit notre palette sonore de producteurs.
Vous dites sur votre Myspace que 2008 est votre année, et donc que ce n’est pas le moment de flâner. Radioclit, c’est vrai, est partout cette année, de M.I.A à TV On The Radio. Quels sont les nouveaux projets de Radioclit ? Allez-vous continuer dans la direction "world" ?
On travaille beaucoup avec Marina, l’ex chanteuse du groupe brésilien Bonde Do Role. C’est une chanteuse et performeuse exceptionnelle, on est très excité. Il y a des influences latines dans certaines des démos mais c’est le projet le plus rock qu’on ait jamais fait pour l’instant. On travaille pas mal avec un musicien français qu’on adore, Electronicat, qui correspond parfaitement a la touche fifties rockabilly du futur que l’on recherche pour cet album.
Sinon oui la direction afro/world on ne s’en lasse pas, on a un peu peur de se faire trop cataloguer mais au final c’est vrai qu’en ce moment la musique qui nous rend fou est par exemple irakienne, on a dévalisé la collection de cds d’un chauffeur de taxi clandestin a Londres il y a quelques semaines, et nos morceaux les plus clubs s’en ressentent en ce moment.

- Voir Radioclit à la soirée Club NME #2 le 17/10 à Paris - Consulter le Who's Who des producteurs - Lire l'article Afro Beat et musiques actuelles - Lire les chroniques de Kala de M.I.A., Futuristically Speaking...Never Be Afraid de Yo Majesty
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