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15 Step : ballade orientalisante, pultôt surprenante, qui commence comme un morceau électro-world avant qu'une guitare électrique très douce, surgie à 00:41, ne souligne la progression de l'ensemble. Puis déboulent les cymbales. Puis des synthés, extraterrestres un peu 80's, et des cris joyeux d'enfants. Magnifique.
Bodysnatchers : le 2+2=5 de l'album : un morceau très enlevé, toutes guitares dehors. Très rugueux dès le départ, la chanson progresse par accumulations successives, entrecoupées de brèves et trompeuses accalmies. La fin, hystérique, prouve si besoin était que le groupe n'a rien perdu de son mordant (putain, voilà que j'écris comme un journaliste de Marie-Claire).
Nude : assez différente de la version entendue en live ; penser à "Morning Bell" sur Amnesiac mais avec moins d'emphase. Idée de clip possible : une centrale nucléaire abandonnée en plan fixe. L'un des plus beaux morceaux jamais enregistrés par le groupe - de la trempe d'un "Morning bell", justement, ou d'un "No Surprises".
Weird Fishes / Arpeggi : encore un morceau souvent joué sur scène, rapide et contemplatif. Le titre ne prend toute sa dimension qu'à partir de la troisème minute, quand il s'enfonce dans des territoires souterrains, suffocants avant que, quarante secondes plus tard, la batterie ne re-émerge, accompagnée de plaintes séraphiques.
All I Need : entrée de cordes crépusculaires, ceci est une ballade gothique plombée de basses marécageuses. L' orchestration inventive s'achève en apothéose.
House of Cards : on l'a parfois entendu en concert aussi. C'est un titre étrangement lumineux, avec une voix toute en reverbérations éthérées, et la fin est sublime. Encore des influences black, subtiles et joyeuses.
Faust Arp : un morceau qui jure. D'une glaciale élégance. Une voix plus une guitare sèche, c'est tout. Force est de reconnaître que le groupe aurait été incapable d'enregistrer une telle merveille il y a dix ans. Sidérant.
Reckoner : aurait pu avoir sa place sur Kid A ou, plus sûrement, sur Amnesiac. Rythmique sautillante, voix aigüe, mode mineur. Et puis à 2:25 le morceau s'arrête, et se mue en complainte angélique, en un gospel nappé de cordes - qui rappelle la fin de "Paranoid Android" - avant de retrouver sa route quasi funk.
Jiggsaw Falling Into Place : Thom Yorke chante beaucoup moins haut. Il s'agit là encore morceau rapide déployé en spirales, volutes et guitares sèches.
Videotape : déjà un classique, déjà entendu mille fois - ici, un piano, des choeurs obsédants, quelques filets de synthé, et une boîte à rythme trébuchante. Un morceau d'une mélancolie assez aveuglante.

Il y a aussi cette légèreté donnée à l'ensemble, l'aisance mélodique pleinement retrouvée, la rythmique en retrait et l'allant naturel des morceaux (pour six d'entre eux au moins), leur enthousiasme, leur naturel bondissant. Naturelement, il est un peu tôt pour dire si In Rainbows se hisse à la hauteur de OK Computer. Disons qu'il y ressemble, dans une version plus décomplexée, et sans doute moins pesante, largement compensée par la noirceur apocalyptique des paroles. Radiohead reste Radiohead !

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