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Influencé par le dub house dark des allemands de Basic Channel/Chain Reaction et des M Series de Maurizio, Richie Hawtin met la massivité de ce son ambient en soupape pour laisser filtrer une profondeur spectrale sur Consumed.
Son électro est envahie par une basse lointaine et brumeuse qui diffuse avec rigueur ses rythmes ronronnants mais jamais soporifiques tout au long des 74 minutes de l'album, laissant l'auditeur explorer des contrées musicales jusqu'alors jamais entrevues. Les nappes fantômatiques créées par l'homme plastique sont fascinatives, rigoureuses, charbonneuses. Comme dans le dub, on retrouve l'utilisation de sonorités métalliques et de reverb mais cette fois en version digitale. Vous l'aurez compris, c'est davantage le type de son à se mettre au casque dans son pieu qu'à faire passer par DJ Cocobat à l'Happy Hour.
Plus contenue que ses précédentes compositions, Consumed gagne cependant en émotion et en intensité, jusqu'à atteindre les sentiments aussi complexes que l'isolement, la perte de repères, l'asthénie... Cet essai clostrophobique reste envoûtant et Hawtin signe même une véritable mise en abîme électronique. D'ailleurs, d'aucuns y virent le signe annonciateur de la chute de la techno. Ainsi, si Consumed, tourna une nouvelle page dans la carrière d'Hawtin, il anticipait aussi brillamment, et avec dix ans d'avance, la réintroduction du souci de qualité dans l'electro et la vague minimale triomphante des années 2000. Un album bizarre, sombre et culte.
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