Is it a chemical that makes this moment true ?
Is it the music that connects me to you ? ”
Dans la nouvelle vague sexy-gay-kitsch, les Scissor Sisters s’apparentent à des cousins d’
El Presidente. De New York à Glasgow, les deux groupes ont bâti un pont, sur lequel se croisent crânement la disco et le rock. Il y a du
Bee Gees là-dedans, du
Fleetwood Mac, du
Electric Light Orchestra, du
Supertramp et même du
ABBA… des héritages d'une pop de la fin des seventies qui assumait totalement son sens de la mélodie accrocheuse et son goût pour le dancefloor.
Comme nos présidents d'Ecosse, les New-Yorkais ont eu un succès aussi imprévisible que fulgurant. Formé en 2001 par Ana Matronic, Jake Shears, Babydaddy, Del Marquis et Paddy Boom (rien que leurs pseudos se visitent !), le groupe fait ses premières armes dans l’underground de la Grosse Pomme avant de sortir, en 2004, le single "Comfortably Numb". Morceau glauquissime du culte "The Wall", des
Floyd, il devient entre leurs pattes une sucrerie discoïde digne des frères Gibb. L’Angleterre, conquise, place le morceau en tête des charts. Une tournée mondiale s’ensuit, laissant bien des souvenirs - et des bleus - aux festivaliers.
Deux années sont nécessaires au groupe pour se remettre, mais, à la fin de l’année 2006, il revient avec l’album « Ta Dah ». Auberge espagnole installée en New Orleans, il sert successivement à l’auditeur de la country, du funk et surtout, beaucoup de pop, sans oublier de mélanger le tout et de secouer bien fort. Une mixture plus euphorisante qu’indigeste, qui passe encore mieux quand on remue les jambes en même temps. En amuse-gueule, on recommande le single « I Don’t Feel Like Dancin’ », antiphrase destinée à dissiper la grisaille ambiante.
Sir Elton John a contribué à sa réalisation. Le danger de tout ça - comme de bien des phénomènes jeunes-cool-fun de la musique populaire - c'est qu'une exposition médiatique trop excessive finisse, elle, par saoûler un tantinet le mélomane...