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Un ami m'a dit récemment "2008 sera placé sous le signe de l'émotion". Il avait raison. Je l'avoue, je n'ai jamais été grand fan de l'œuvre de Sébastien Tellier, pourtant c'est bien simple, l'écoute de son dernier album me fait immanquablement passer des frissons. La polémique qui s'envenime autour de Sexuality, troisième album du Français n'est pourtant pas prête de s'arrêter. Là où certains ne voient qu'un album second degré (la plupart du temps sans jamais l'avoir écouté, ou bien une fois), je perçois justement une sincérité nouvelle dans l'attitude et les paroles du baladin décalé. Et en l'occurrence, comment ne pas être honnête quand on parle d'amour, et de ce qu'il y a de plus intime, le sexe, la sensation d'appartenir à quelqu'un corps et âme ?

Impossible d'en douter à l'écoute de Sexuality, qui, du premier au dernier titre exude littéralement les hormones adolescentes et la sensualité avec tous les clichés (gémissements sur "Pomme" et "Roche"), texte en forme de lettre d'amour pré-pubère ("Roche" encore) et friction peau contre peau au kilomètre ("Kilometer", "Look"). Pourtant, rien de ridicule ici, même quand Tellier s'improvise Umberto Tozzi cybernétique sur le sublime "Manty", hymne italo disco dans sa plus pure perfection synthétique (les harmonies de Tellier, l'ordinateur de Homen Christo). Et que dire des sucreries comme "Divine" que le Français reconnaît comme son hommage au Beach Boys et aux jeux de plage ? Ou encore de "Une heure", explorant les variations illimitées d'une kosmische musik de backroom tout en laissant entrevoir les possibilités, non moins infinies, de la bisexualité ? Le sommet de l'album étant l'instrumental "Sexual Sportwear" qui semble une réduction raffinée au format single du 45:33 de LCD Soudsystem.
Sexuality est tout simplement beau à pleurer. Et au risque de passer pour un vieux ringard j'userais même d'une expression vraiment démodée, mais qui convient tellement bien à cet album : "La classe", tout simplement".

Sébastien Tellier - Sexuality
Chez Records Makers/Discograph , février 2008.
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