A chaque album j’ai envie de surprendre encore, ne pas me répéter, aller dans d’autres directions. D’où l’idée de travailler avec des musiciens locaux, pour changer aussi de son, aller plus loin dans ma recherche de musique. ”
La carrière d’un artiste ne suit jamais une ligne droite, le cas Sergent Garcia en est la preuve. Connu pour sa « Salsamuffin », tambouille de rythmes latinos et de raggamuffin qui n’appartient qu’a lui, Bruno « Sergent » Garcia à commencé sa carrière musicale à des années lumières de ce qu’il nous sert maintenant.
Celui qui partage son nom de famille avec le pire ennemi de Zorro débute dans le punk rock bruyant en 1983, il est guitariste au sein du groupe
Ludwig von 88. Garcia roule pendant pas mal d’années sa bosse avec eux et acquiert une solide expérience de la scène. A l’étroit dans un seul genre musical, il cultive en parallèle plusieurs projets autour des musiques latines, auxquelles il est accro - origines espagnoles obligent - et du raggamuffin.
Le premier titre en solo du Sergent, « Salsamani » paraît en 1996 sur la compil ragga « Tchatche Attack ». L’année suivante il sort son premier album auto-produit, « Viva el Sergento » sur le petit label Crash Disques. Ce premier essai ne fait pas grand bruit. C’est sur la scène du New Morning l’année suivante, que ses 14 titres chantés en espagnol et en français où se rencontrent la salsa, le raggamuffin et le reggae prennent toute leur ampleur. Entouré des six musiciens du groupe Los Locos del Barrio, Sergent Garcia donne à voir, lors de cette édition 97 du Latin Music Festival une prestation de haut vol.
Ce succès pousse l’ex punk à continuer dans son nouveau registre. En compagnie de ses acolytes del Barrio, il part en tournée pendant un an et fait escale aux Transmusicales de Rennes, à Madrid, Barcelone et Paris. La reconnaissance acquise grâce à la scène lui ouvre grand les portes de Virgin, qui édite son second opus « Un poquito quema'o » en février 1999, composé en fait de huit anciens morceaux réarrangés et neuf inédits.
Dans la foulée, nouveau passage par la scène. Le Sergent à, notoriété oblige, élargi son champ d’action (Italie, Etats-Unis…). Les albums qui suivent s’en ressentent, allant chaque fois plus loin dans le métissage. « Sin fronteras » (Sans frontières) (2001) - un titre qui définit à merveille sa musique – fait s’agglomérer les sonorités africaines à l’habituelle base caribéenne grâce notamment à la présente d’Amadou et Mariam. Pour « La Semilla escondida » (2003), Sergent Garcia se rend dans les berceaux de ses musiques de prédilection : à Cuba et en Jamaïque, où il collabore avec le célèbre producteur et ancien clavier de
Bob Marley, Tyrone Downie.
La scène, toujours la scène… En 2005 Sergent Garcia et sa bande découvrent encore de nouveaux horizons en se produisant au Maroc, en Allemagne, en Egypte, en Autriche, en Indonésie et au Venezuela entre autres. C’est essentiellement dans ses multiples périples que l’artiste puise son inspiration, à l’image de son dernier album en date « Mascaras » sorti en août 2006, enregistré au Mexique sous la houlette d’un producteur du cru, Roy Hernandez.
La musique fait voyager, avec Sergent Garcia on en est persuadé.