Musicalement bien sûr, les Citrouilles Ecrasées n'ont absolument rien de punk : le batteur Jimmy Chamberlin, déjà excellent, vient du jazz et fait rouler ses tambours en permanence. Corgan, même s'il n'en a pas encore tout à fait les moyens, voudrait être
Hendrix et Tony Iommi. La bassiste D'arcy a de longs cheveux peroxydés et déjà des allures de junkie. James Iha est oriental, avec ce que ça implique de mystérieux. Il faut dire que Corgan ne laisse que peu de place à ces derniers. Il a admis qu'ils ne jouaient pas sur le disque suivant, le très réussi
Siamese Dream, mais on est toujours pas très certain de ce qu'il leur a laissé faire sur celui là.
Concrètement l'album est partagé entre une moitié de charges heavy metal mystiques ("
I Am One", "
Bury Me") menées tambour battant par Chamberlin, le meilleur musicien du groupe, et ballades psychédéliques entre dream pop ("
Rhinoceros") et hippie-folk semi-acoustique ("
Crush", "
Suffer") avec la plus réussie des chansons, l'excellente schizophrène "
Siva" qui marie les deux modes.
Surtout quand on compare avec la suite, le disque peut paraître primitif par endroit, comme sur le lourdingue "
Window Paine", mais ses paroles passe-partout et l'efficacité du groupe lorsqu'il joue bien ensemble (ou du moins le présume-t-on) font que ce disque pourra être le préféré de ceux qui n'aiment pas les Smashing Pumpkins.