En 1992, les
Smashing Pumpkins attaquent
Siamese Dream en crise : le studio est booké pour dans quelques semaines quand le groupe vient présenter sa démission à
Billy Corgan, qui n'a absolument aucune chanson d'écrite. Au dernier moment, ils finissent par se mettre d'accord. Ils ont une opportunité qu'ils regretteraient de manquer et, finalement, un accord est passé : les Smashing Pumpkins resteront ensemble mais cette fois, c'est officiel, c'est Billy le chef. Revigoré, celui ci s'enferme immédiatement dans une chambre d'hôtel avec une machine à écrire et une guitare pour écrire des chansons et quand il en ressort, il a inventé l'emo.
Musicalement, il assure aussi : Iha et D'Arcy sont bien revenus mais ne jouent pas sur le disque, toutes les parties de basse et de batterie sont de Corgan. Le groupe pousse Jimmy Chamberlin à enregistrer toutes ses parties de batterie le plus vite possible pour pouvoir l'envoyer en désintox' (une manoeuvre qui ne marchera pas vraiment, la suite le montrera). Avec Corgan, qui contrôle tout, Butch Vig concocte un son énorme inspiré de celui de
My Bloody Valentine mais avec le vernis commercial qui avait fait des merveilles pour
Nevermind deux ans plus tôt.
Le résultat est plus qu'efficace. Des groupes (bien moins bons) ont basé leur carrière sur la formule de
Siamese Dream, qui est devenu l'emblème d'une époque et d'un mouvement post-grunge. C'est sans doute bien moins critiquement correct d'apprécier cet album plus que ceux de
Nirvana, sans doute parce qu'il n'est pas punk pour un sou, mais sur un pur plan musical, il enfonce complètement
Nevermind et il a encore la fraîcheur et la relative légèreté qui manqueront aux disques suivants des Smashing Pumpkins. Si on se limite au rock,
Siamese Dream est forcément un des chefs d'oeuvre des nineties.
2goldfish
Le 01 janvier 2008