Seul le bon Dieu a le droit de me juger. ”
Gilles Duarte, plus connu sous le pseudonyme de Stomy Bugsy, né à Paris de parents originaires des îles du Cap Vert grandit dans un quartier défavorisé de Sarcelles au milieu de ses cinq frères et sœurs. Dès la primaire les premières difficultés scolaires apparaissent, le petit Gilles à d’avantage la tête à la breakdance et au graph qu’il commence à pratiquer dans les parkings.
Quand Stomy Bugsy découvre le rappeur
Passi, habitant comme lui à Sarcelles, à la radio il décide de se mettre à la seule discipline de la culture hip hop manquante à son actif, et se fait MC. Au commencement des années 90 il parvient à convaincre
Passi, dont il est devenu proche de fonder le groupe Ministère A.M.E.R. Leur premier maxi « Traîtres » sort en 1991, suivi de près par l’album « Pourquoi tant de haine » où leur rap agressif et sans compromission, notamment à l’encontre de la Police commence à toucher le public. Leur opus « 95200 » sorti en 1994 les impose comme une référence du rap hexagonal mais vaut au Ministère une condamnation en justice pour provocation et incitation à la violence.
En 1996, le Ministère A.M.E.R. s’arrête et Stomy se lance dans une carrière solo. Signé sur le label Columbia, il publie son premier disque « Le prince des lascars » produit par Doctor L, homme de studio déjà reconnu pour son travail avec Assassin.
La même année il récidive avec « Le calibre qu’il te faut », album à la fois noir, bourré de références cinématographiques - avec « Scarface » et les « Affranchis » en haut de la liste - et ponctué de nombreuses touches d’humour. Ses morceaux de « gangta rap » à la française sont bien moins engagés et provocateurs qu’auparavant, à l’image du très « familial » « Mon papa à moi est un gangster ». Stomy a décidé de se policer – un comble ! - et de privilégier l’efficacité, comme le prouvent les titres « Mes forces décuplent quand on m’inculpe » ou « Derniers pas dans la mafia » en duo avec Akhenaton d’
IAM, ce qui ne manque pas de plaire à un large public.
En 1998 il se produit live au Bataclan avant d’investir l’Olympia les 22 et 23 mai avec ses potes du Secteur Ä, collectif dont il fait partie avec
Doc Gynéco,
Passi, Ärsenik, Neg’Marrons notamment, pour commémorer les 150 ans de l’abolition de l’esclavage. L’année d’après, Stomy Bugsy lance son propre label, Show Lapin qui lui permet de lancer de jeunes talents comme les Novices du vice ou Kybla.
L’année 2000 est marquée par un nouvel opus solo du « Gangster d’amour » intitulé « Trop jeune pour mourir », référence explicite au rappeur américain 2Pac assassiné en 96 auquel Stomy rend hommage sur la pochette du disque, en reprenant son célèbre bandana noué sur le crâne. Décevant, ce nouvel album n’a pas le mordant des précédents, il marque le déclin de la carrière de Stomy Bugsy en tant que rappeur.
Après plusieurs rôles au cinéma dans des films qu’on pourrait qualifier de « légers » comme « 3 zéros » (2001) où il campe avec un talent certain une star banlieusarde du foot et le « Le Boulet » (2002), Stomy Bugsy reprend le micro et sort en mars 2003 un quatrième album, tout simplement intitulé « 4ème round » qui ne fait pas grand bruit. Son rôle au grand écran aux côtés de
Titof dans « Gomes et Tavares » fera d’avantage parler de lui… c’est dire. En 2006 enfin, il retrouve ses collègues
Passi et
Doc Gynéco le temps d’un single, « Le temps passe ».