Leur premier concert a lieu à l’été 75, en première partie des Ramones. Ce sont de sages et réfléchis New-yorkais. Ils ont tranquillement passé leurs diplômes et se donnent une chance en tant que musiciens avant de se jeter dans la vie active. Leurs polos Lacoste, leurs cheveux propres et leur air sage donnent le ton. Ils seront le groupe intello de la scène du CBGB, à un moment où les rôles sont déjà établis :
Blondie, c’est le sexe et le glamour,
Patti Smith, le lyrisme et l’improvisation,
The Heartbreakers, maximum dope et maximum rock’n’roll, au-delà du seuil supportable par un être humain normal.
Les Talking Heads font forte impression sur ceux qui les voient. Seymour Stein, le patron du label Sire, va les poursuivre de ses assiduités pendant un an avant de parvenir à les signer.
A la sortie de leur premier album, simplement intitulé
77, les publics new-yorkais et européen suivent d’emblée. Il en va autrement ailleurs. Pour les Etats-Unis, la musique des Talking Heads est vraiment trop « bizarre ».
Le deuxième album,
More Songs About Buildings And Food, marque le début d’une fructueuse collaboration avec
Brian Eno. Cette fois, le public américain entrouvre une oreille et son portefeuille, Talking Heads se classe dans les charts.
Fear Of Music, établit le groupe comme une des valeurs sûres des années 80.
Juste après le quatrième album du groupe,
Remain in Light, David Byrne, le chanteur et leader, enregistre un album solo avec Eno.
Celui-ci marque le début d’une vague de projets solos pour le groupe. Le couple Weymouth-Frantz - la section rythmique -, monte le Tom Tom Club. Jerry harrison, le guitariste, y va aussi de son album.
En 82, le double live,
The Name of this Band is Talking Heads, vient rappeler au monde l’existence du groupe.
En 83, nouvel album studio :
Speaking in Tongues. Sans Eno, cette fois, mais avec un nouveau hit aux Etats-Unis.
En 1984,
David Byrne incorpore au groupe une section rythmique funk et des choristes, le temps de la tournée et du film
Stop Making Sense.
En 1985,
Little Creatures, vient confirmer l’orientation grand public du groupe.
Malgré ce nouveau succès commercial, David Byrne multiplie les projets personnels et s’éloigne inexorablement du groupe. Il compose pour le metteur en scène Bob Wilson et réalise un film,
True Stories, en 86.
Il faut attendre 1988 pour que Talking Heads enregistre un nouvel album, à Paris, au studio Davout, avec Steve Lillywhite, à la production :
Naked, qui sera aussi le dernier.
A noter que Weymouth, Frantz et Harrison se réunissent en 95, sous le nom de Heads, et enregistrent un album avec des chanteurs invités :
No Talking, Just Heads.