Cela semble tellement naturel aujourd’hui de dire que le rock est anglais. Pourtant, il y eut une période assez importante où les britanniques ne faisaient pas encore la loi dans le music business, notamment aux Etats-Unis. Au milieu des années 60 vint la première vague de l’invasion des groupes britanniques :
The Beatles, et dans leur sillage, The Animals, qui obtinrent juste après eux une première place dans les charts U.S.
A l’instar des Beatles, la période d’activité la plus intense et la plus remarquable des Animals tient dans un mouchoir de poche, quatre ans pour être précis, entre 1962 et 1966. Cinq ans qui auront suffi pour marquer à jamais l’histoire de la musique contemporaine.
The Animals ont commencé civilisés
Nous sommes en 1962, dans le cadre assez peu glamour – mais diablement propice au blues – de Newcastle, Royaume-Uni. Une petite formation jazz, The Alan Price Combo (du nom de leur leader, chanteur et organiste) se produit durant les week-end. Le groupe est alors formé de la quasi-totalité des futurs animaux : Hilton Valentine à la guitare, Chas Chandler à la basse, et John Steel derrière les fûts.
L’electro-choc aura lieu avec la rencontre du chanteur Eric Burdon. A son contact, le petit orchestre provincial s’encanaille, s’encrasse de blues et d’arpèges d’Outre-Atlantique. Loin de se sentir écarté, Alan Price officie désormais pleinement au clavier, et notamment à l’orgue ce qui confère au groupe une gravité inouïe sur leur tube incontournable, « The House Of The Rising Sun ». Leurs performances sauvages se font rapidement remarquer, au point qu’on les surnomment The Animals… leur patronyme.
Inoubliable « House Of The Rising Sun »
C’est à Londres qu’ils décrochent un contrat et enregistrent leur premier album éponyme. Le succès est total, avec notamment la reprise du traditionnel
« House Of The Rising Sun » (que notre Jonnhy national s'est approprié en
« Portes du Pénitencier »)et le soulful
« Don’t Let Me Be Misunderstood ». The Animals sillonnnent la planète jusqu’au Japon et aux States, évidemment, pour donner une leçon de Rythm & Blues aux blanc-becs de l’Amérique. Rivalisant avec les Beatles et les
Stones en terme de ventes de disques, le groupe connaît un premier coup d’arrêt en 1965 : Alan Price quitte le groupe, à cause du rythme incessant des tournées et de sa peur des avions. Burdon et ses congénères s’assurent les service d’un nouveau clavier, Dave Roberry. Quelques tubes plus tard (l’écolo
« We've Gotta Get Out of This Place »,
« It's My Life »,
« Don't Bring Me Down »), Eric Burdon & The Animals ne parviennent plus à maintenir leur entente initiale ; le groupe se sépare une première fois en 1968, après neuf albums produits.
The Animals sur tous les fronts
Malgré ce premier coup d’arrêt, les carrières solos de chacun des membres sont relativement positives et marqueront les hit parades. Alan Price se taille un joli renom en Angleterre, Dave Rowberry devient un mercenaire des studios Chas Chandler s’occupe de la carrière naissante de
Jimi Hendrix.
La line-up d’origine se reforme en 1976 pour un album au titre ironique,
Before We Were So Rudely Interupted (« avant que l’on ne soit brusquement interrompu »), tourne et se disperse à nouveau dans la nature. Le même schéma se produit en 1983 avec l’album
Ark. Ce qui étonne, c’est que malgré leur production éparse après des débuts incroyablement prolifiques, The Animals parviennent toujours à retomber sur leur pattes et connaissent immanquablement le succès, comme en témoigne leur accession au Rock and Roll Hall Of Fame en 1994.
Après les décès successifs de Chas Chandler en 1996 et Dave Rowberry en 2003, les deux de crise cardiaque, l’on pourrait croire le groupe éteint ; pourtant en 2001 les anciens membres se réunissent sous le nom de The Animals & Friends et font quelques passes en studio. Increvables, ces Animals !
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