Le Brian Jonestown Massacre et son charismatique leader, Anton Newcombe qui nommera le groupe d’après son idole
Brian Jones, restera comme l’une des bizarreries rock de la fin du siècle dernier. Mythifié comme icône révolutionnaire de la musique indie underground par le rockumentaire
Dig ! d’Ondi Timoner sorti en 2004, le multi-instrumentaliste compositeur Anton Newcombe est un ovni qui aura fait de son groupe l’un des groupes les plus prolifiques dans son genre.
Formé en 1994, le Brian Jonestown Massacre se forme autour de Newcombe et de Matt Hollywood à San Francisco. De nombreux musiciens viendront alors au cours du temps rejoindre, quitter, se faire virer, revenir, re-quitter le groupe. En 1995, pour leur premier album
Methodrone, le groupe compte Jeff Davies et Dean Taylor aux guitares, Brian Glaze à la batterie et le trublion Joel Gion au tambourin. Aux sonoorités shoegazing et psychédélique,
Methodrone annonce les albums suivants qui ne tarderont pas à suivre. Lors de la seule année 96, le Brian Jonestown Massacre sortira trois albums fondateurs de son imposante discographie :
Their Satanic Majesties' Second Request, qui fait écho au
Their Satanic Majesties Request des
Rolling Stones, et
Take It From The Man ! qui s’inspirent du psychédélisme ‘60s qui constituera l’une des briques de base du son du groupe, et explorant des nouveaux territoires musicaux ;
Thank God For Mental Illness sort à la fin de l’année, plus épuré et aux influences blues et country.
A partir de là, le groupe commence à devenir quelque peu instable, tandis que l’intérêt devient grandissant suite au bouche-à-oreille suscité par leurs premiers albums. La line-up se voit alors chamboulée régulièrement par Newcombe - avec des passages de Peter Hayes, futur fondateur des
Black Rebel Motorcycle Club, et Bobby Hecksher, futur fondateur des Warlocks -, qui le fait ressentir sur sa musique qui se voit donner diverses directions.
Give It Back ! (1997) et
Strung Out In Heaven ! (1998) (sorti sur le label TVT) sont parmi les albums les plus connus du groupe. Cependant, le comportement despotique et auto-destructeur de Newcombe, qui vacille entre volonté de rester intègre et désir mégalo de reconnaissance, conduit aux départs / renvois de la quasi-totalité du groupe, dont Matt Hollywood, et mène au terme de la collaboration avec le label TVT.
Après être revenu en 2001 avec
Bravery, Repetition and Noise et une floppée de EP, le groupe sort en 2003
And This Is Our Music, titre en référence à
Galaxie 500, qui laisse entendre une sonorité plus contemporaine, plus électronique. L’année suivante, le groupe est sur tous les écrans en devenant les protagonistes de
Dig ! au côté de leurs congénères des
Dandy Warhols. Le film leur apportant une notoriété soudaine, le groupe acquiert une visibilité qu’ils n’avaient pas réussi à avoir en dix ans de carrière. En 2008, le Brian Jonestown Massacre sort un nouvel album,
My Bloody Underground, qui est un retour aux sources shoegazing et noisy des premiers albums.