Mega Breakfast de The Chap



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Bambous beat



Rythmes soutenus, mélodies subtiles et envolées post-punk power-pop, avec Mega Breakfast, le groupe anglo-allemand The Chap, basé à Londres réinvente le rock et s’impose comme la relève attendue d’une pop trop souvent nombriliste et engourdie. Incontournable, ni plus ni moins.

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roisième album pour The Chap, et une fois encore, les Allemands clouent la pop contemporaine au mur de la créativité. Comment résumer le son The Chap ? Difficile, d’autant que les cinq musiciens ne s’embarrassent d’aucune limite. Proto-R'n'B, Krautrock, electronica, power-pop, post-punk disco et indie rock, leur musique se nourrit de l’histoire de la musique populaire sans souci de plaire au plus grand nombre, tout en gardant constamment un œil sur la mélodie et l’harmonie.

 

Alors bien sûr, entrer abruptement dans un disque de The Chap n’est pas forcément évident. Il faut du temps pour s’habituer aux airs bancals, aux ritournelles exubérantes, aux jeux sur les mots constants, aux répétitions entêtantes. La première écoute d’un album de The Chap déroute. Mais dès la deuxième (et seulement deux), la pop extra-terreste des anglo-allemands se met en place dans nos synapses embrumées par trop de copies de Blur, Pulp et autres succédanés brit-pop. Si l’on voulait faire une comparaison, on pourrait dire que The Chap est un peu à la pop ce que Liars est au post-punk. Un objet libre à géométrie variable. Souvent troublant, carrément bluffant mais surtout parfaitement excitant.

 

Avec Mega Breakfast, comme sur Ham, le précédent album du groupe, The Chap réunira sans mal le fan de Pavement ("Proper Rock", "Fun & Interesting") et celui de Plaid ("I Saw Them"), l’amateur de comptines électroniques analogiques ("Carlos Walter Wendy Stanley") ou celui de mutant disco à la Arthur Russel, le seul de ces exemples correspondant vraiment à la musique à la fois expérimentale et très grand public de ce groupe étrange : l’utilisation récurrente et iconoclaste du violoncelle – même sur scène – rapproche de manière évidente The Chap et l’artiste new yorkais. Parallèle particulièrement opportun sur les titres bizarrement discoïdes et dansants que sont "Caution Me", "Surgery" ou "They Have a Name".

 

C’est ce grand écart entre mainstream, "pop tout simplement", dirait The Chap, et musique expérimentale qui fait de ce groupe un évènement important de l’histoire de la musique actuelle. Comme disait Johnny Lyndon, alias Johnny Rotten en parlant de Captain Beefheart en 1978 : "Ecoutez-les où vous passerez à côté de quelque chose d’essentiel". A bon entendeur…

 

Maxence Grugier Le 29 May 2008

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