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Nationalité : américaine Label : EMI Genre musical : Rock |
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, apprenez qu’au moment même où Jacques Chirac lâchait l’UDR et son poste de Premier ministre, au CBGB new-yorkais, un groupe originaire de Sacramento en Californie lâchait des riffs bien pourris et adaptait le rockabilly en y collant une bonne dose de punk. Les 4 inventaient le psychobilly en cinémascope, version horreur. Leur nom : les Cramps. Line-up labyrinthique, influence durable. Esprit rock.
Can your pussy do the dog ? Ton minou est-il assez chien ? (titre éponyme )
Nous sommes en 1976 et le quatuor alors formé deLux Interior, Poison Ivy, Brian Gregory et Pam Ballam vient s’installer à New-York et convaincre la scène locale en jouant aux côtés de Patti Smith, Television et les Ramones. Là où Smith déclame, Television enflamme ses guitares et les Ramones comptent jusqu’à 4 pour terminer leurs morceaux, la bande des 4 revisite les prémisses du rock, en adaptant le rock le plus primal et rapide au prisme du film d’horreur et de la culture trash. Bientôt signés par Alex Chilton, ils vont produire une série de singles (Human Fly, The Way I Walk) et repartir en Californie pour signer avec IRS le label du frère du batteur de Police, Miles Copeland, et sortir en 1978 Gravest Hits ( les tubes de la tombe !), puis Songs the Lord taught Us ( chansons apprises de Dieu, tout un programme !). Choc dans le monde du rock et papier dithyrambique de Philippe Garnier dans Rock & Folk – qui devient illico leur ami !
I say buzz,buzz,buzz,and it's just becuzz... I'm a human fly and I don't know why I got ninety six tears in my ninety six eyes/ Je crie bzz, bzz, bzz, je suis une mouche humaine et je ne sais pas pourquoi j’ai 96 larmes dans mes 96 yeux … (Human Fly 1977)
Les Cramps intriguent, à juste titre : collectionneurs, ils courent les conventions pour dénicher des raretés discographiques, les plus obscures et les adapter ; souvent du rockabilly, même pas électrique, mais carrément cinglé dans le thème ou l’approche. Et à cela, ils ajoutent toute la mythologie trash, de série B qui fait alors fureur dans le cinéma expérimental américain de John Waters (qui emploiera Iggy Pop et Debbie Harry dans ses futures productions) et de Russ « Super Vixens » Meyer. Ils font aussi une grosse fixette sur le son sale et distordu, tout en fuzz des groupes surf, comme Dick Dale ou les Trashmen.
La fixette qui les fera virer leur guitariste Brian Gregory, le squelette en cuir noir à la mèche blanche, devenu ingérable et habité de visions trop barrées pour eux. C’est dire l’état du gars ! On pensait le groupe au bord de l’explosion et l’on s’aperçoit que le duo Lux/Ivy mène incontestablement la barque vers le futur d’un certain rock américain culture Z et la Psychedelic Jungle.
You ain't no punk, you punk. you wanna talk about the real junk? If i ever slip, i'll be banned 'cause i'm your garbageman. (Garbageman 1980)
Tout chez eux réfère ou révère des modèles (A Date with Elvis) et l’obscurité ne les dérange pas plus que cela : du comics de série Z, à la série la plus crapoteuse des feuilletons US, en passant par les classiques de la science-fiction, les déviances les plus drôles – et pas que sexuelles, tout cela au service de la grand messe du rock sous éclairage blafard, digne de la Famille Adams, façon Smell of Female.
C’est la magie Cramps, avec Lux en cuir noir perché sur des stillettos et Poison Ivy au décolleté outrageant de maîtresse SM. Look Mom, No Head ! Et quand, dans les bons jours, le cirque dure depuis bien longtemps, tous les éléments sont en place et s’emboîtent, le charme aussi fumeux qu’efficace prend la salle pour l’entraîner dans un marais fluo et putride d’où surgissent aussi bien des éboueurs (Garbageman) que la Créature du Lagon (The Creature From the Black Leather Lagoon), histoire vérifier que la fille en maillot de bain est toujours une tueuse (Bikini Girls With Machine Guns) et qu’à force de boire des Martini - très chic le Martini, façon Dean Martin - on croit y trouver des globes oculaires à la place des habituelles olives (Eyeballs in my Martini). Du concentré de rock à la manière du Johnny Cash habité de la fin des 50’s. Un Johnny Cash responsable de la trouvaille du vocable psychobilly dans un de ses titres. Kizmiaz, comme ils disent, et let’s rock ! Essentiel.
| Personnalités Similaires | Nick Cave And The Bad Seeds, B-52's, The Giallos Flame |
| Inspirations | Johnny Cash, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Spacemen 3, Thee Oh Sees |
| Collaborations | Patti Smith, The Ramones, Television, Kid Congo Powers |
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