The Divine Comedy, un nom bien senti pour le projet de Neil Hannon, cet Irlandais de Londonderry qui débarque en 1990 avec un premier mini-album,
Fanfare For The Comic Muse. Directement inspirée de groupe américain
R.E.M. cette première sortie laissera ensuite place à une lignée de parrains pop tous aussi prestigieux et classes que les costards et les compos de Hannon. De
Jacques Brel, à
Gainsbourg, en passant par
Scott Walker à Michael Nyman, la Divine Comedy porte élégamment bien son nom. Bien que le projet soit passé entre les mains de plusieurs collaborateurs et backing band et par plusieurs phases, Neil Hannon reste à la tête d'une discographie toujours à la recherche de la pop song parfaite.
La discographie de la Divine Comedy s'ouvre avec le premier album qui porte le nom de
Liberation, un titre à lire à l'anglaise ou à la française. La France, que Neil Hannon porte dans son cœur et à qui il doit beaucoup dans sa carrière depuis son premier passage en 1993 au Festival des Inrocks. L'album et les premières prestations de The Divine Comedy laissent entrevoir les qualités de songwriteur et de comique pince sans rire de Hannon. Un Irlandais qui avec son second album,
Promenade, affiche sa francophilie en posant devant la Pyramide du Louvre pour la pochette et en intégrant un extrait du film de
Godard A bout de souffle dans le titre
"When The Lights Go Out All Over Europe". Un album qui s'écoute comme un livre éclairé à la bougie sous les toîts d'un appartement parisien. Romantisme et références littéraires (
"Booklovers") ponctuent cet album de pop classieuse.
Avec l'album suivant, Neil Hannon toujours à la recherche de la chanson pop parfaite s'aventure dans le baroque et endosse le rôle du playboy.
Casanova, sa pochette, ses titres et ses paroles dressent un décor de palais vénitien. Les compos réussissent le tour de force de ne presque jamais dépasser le kitsch et l'outrancier, que Hannon a habillement remplacé par un songwriting de qualité et par une dose d'auto-dérision qui sera sa marque de fabrique tout au long de sa carrière. Suivent ensuite
A Short Album About Love et
Fin de Siècle (encore une référence à la France) et
Regeneration qui voit la Divine Comedy changer de cap. La pop song parfaite selon Neil Hannon ne doit plus s'illustrer en violons mais se manifeste en guitares et par le recours à
Nigel Godrich à la production. L'album étonne le public et Neil Hannon lui-même qui change de look, se laisse pousser les cheveux et joue à la rock star. Une escapade utile et nécessaire à un Neil Hannon qui souhaiter se défaire de son costume de dandy pop.
En 2004 et 2006, Neil Hannon change de backing band avec les albums
Absent Friends et
Victory For The Comic Muse (clin d'oeil à son premier mini-album). La pop orchestrale, les costards de velours côtelé et les cordes soignées signent le retour de l'Irlandais à ses permiers amours. Une discographie qui s'enrichit de perles pop et d'une galerie de personnages dont Hannon se fait le peintre (
"The Happy Goth",
"Diva Lady",
"A Lady of A Certain Age"...)
Afin de sceller une relation privilégiée avec son public français dont Hannon ne s'est jamais cachée, The Divine Comedy donne une série de concerts à la Cité de la Musique de Paris en septembre 2008. Deux soirées en guise d'hommages aux artistes français qui l'ont insipiré et avec qui il a collaboré (Jacques Brel,
Jacques Dutronc, Serge Gainsbourg,
Jane Birkin,
Air,
Vincent Delerm...)