Toute la musique gentiment décalée et biarroïde de l’Amérique ne vient pas de la Côte Est exclusivement de nos jours : la pop colorée de The Dodos, made in San Francisco, en constitue un brillant exemple.
The Dodos ? Mais pourquoi ?
Meric Long est multi instrumentiste, passionné de fingerpicking – une technique de guitare acoustique typique du blues du Mississipi – et de polyrythmies de l’Afrique de l’Ouest ; il auto-produit seul son premier EP en 2005, Dodo Bird. Au journaliste lui demandant l’explication d’un tel emblème animalier, aujourd’hui disparu, Meric répond : « parce que c’est tragique, c’est drôle. C’est tragiquement drôle ». Notre premier dodo rencontre le second dodo, Logan Kroeber, un batteur un peu fou ; le courant passe immédiatement et les deux compères sortent un premier disque, Beware Of The Maniacs, lui aussi autoproduit.
Visiter, succès incontournable de l’indie rock
C’est avec un second disque sorti en 2008,
Visiter, que The Dodos va connaître la gloire. Elevés au rang de génies de la nation au même titre qu’Animal Collective par le tout puissant Pitchfork, les critiques enthousiastes célèbrent l’hédonisme joyeux qui secoue tout être à poil ou à plume normalement constitué à l’écoute de
Visiter. Au programme, psychédélisme acoustique, ballade valsante court-circuitée par une rythmique pédalant comme un dératé (
« Joe’s Waltz »), arpèges sucrés et country-rock haletant sur le single
« Jodi », éclaboussures mignonnes de cuivres et de clochettes sur
« God ? ».
La paire s’embarque donc dans une tournée gargantuesque pour supporter leur disque. Sur la longue, longue route, de nouveaux morceaux sont composés et donneront lieu à un nouvel album, si d’ici-là le groupe ne s’éteint pas drôlement, et tragiquement.