Autrefois, la musique et le théâtre étaient une seule et même chose. Je pense que la musique est dans la plupart des cas une sorte de sous-catégorie du théâtre. (Amanda Palmer, 2004) ”
On serait tenté de les surnommer The Black Stripes. En effet, la formule minimaliste des Dresden Dolls (deux personnes, une batterie, un piano), aurait tout pour les rapprocher de la fausse fratrie White. Cependant, l'analogie s'arrête là. Aussi glamour et sophistiqués que Meg et Jack, Amanda et Brian privilégient le noir au rouge. Influencés par la lignée dite "gothique" (
The Cure,
Dead Can Dance,
Depeche Mode), ils trouvent tout le sel de leur musique dans un mélange savant de punk et de cabaret berlinois. Excellents musiciens, ils parviennent à allier des mélodies raffinées à une puissance rock constante
Au piano, Amanda Palmer est capable de composer des mélodies pop raffinées comme de se lancer dans des solos apocalyptiques, entre Mike Garson et
Jerry Lee Lewis. Et ses paroles, amères, empreintes d’un humour tordu, ne sont pas la moindre qualité du groupe. Quant à Brian Viglione, il s'avère un excellent batteur, dans un style démonstratif hérité des Keith Moon, Bonham et autres bucherons des années 60 et 70. Il suffit de l’entendre sur leur reprise de « War Pigs » (signé
Black Sabbath) pour s’en convaincre. Sur scène, le duo est donc un danger public, qui a de quoi enterrer les formations les plus bruyantes.
Nine Inch Nails, qui avait choisi le groupe en première partie pour sa tournée mondiale de 2005, a pu en faire les frais! Et en studio, il offre un univers étonamment varié.
Dans un registre assez proche, leurs deux albums - "The Dresden Dolls" (2004) et "Yes, Virginia" (2006) - naviguent entre les refrains catchy ("Bad Habit", "Backstabber"), la violence dépouillée ("Girl Anachronism", "Dirty Business"), les climats morbides ("Half Jack") et l'esthétisme ironique ("My Alcoholoic Friends" ou "Coin Operated Boy", pastiche de
Kurt Weill sur le thème de l'homme-objet). Pour peu que le public se laisse tenter par leurs singularités, les Dresden Dolls peuvent aller loin. On chez eux une démarche assez profonde pour ne pas tomber dans la routine. En attendant, leur nom circule comme une rumeur dans le monde du rock, et fait de plus en plus de bruit.
> Très élégant, bien entendu... Il contient tout ce qu'il faut savoir sur le groupe, et permet de télécharger de la musique et des vidéos.
> Lisez la chronique de "Yes, Virginia", des Dresden Dolls, sur fluctuat.net.