Hex Enduction Hour de The Fall



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Vision tordue du rock progressif



Juste avant l'arrivée de Brix Smith qui donnera ses teintes pop au groupe de Mark E. Smith, The Fall sortHex Enduction Hour dans la lancée de sa tournée en Norvège. Aussi libre qu'expérimental.
Pour beaucoup de fans, si Grotesque (After The Gramme) est le premier vrai grand album de The Fall, Hex Enduction Hour représentera le tour de force d'un ensemble totalement libre, expérimentant sans se soucier du public, des modes ou des critiques. L'atrabilaire leader mancunien y pond d'extraordinaires histoires au surréalisme fantasmagorique et grotesque, soutenues par pas moins de deux (!) batteries et les variations de Craig Scanlon, immense guitariste de free rock avant l'heure, à la guitare tantôt bruitiste et rapide ("Jawbone & The Air-Rifle"), tantôt lente et mesurée ("Hip Priest"). C'est aussi la période où The Fall expérimente avec les synthétiseurs, ici un Casio VL-Tone, sur "Fortress/Deer Park" par exemple (le même qu'utilisaient les premiers Human League). En ce sens, Hex Enduction Hour figure une sorte de vision tordue du rock progressif que Smith affectionnait. Une vision punk en fait. The Fall inventant quasiment l'english krautrock ("Iceland"), dépassant toutes les barrières et osant s'aventurer là où bien peu avant eux (hormis peut-être PiL et Père Ubu) osèrent aller. "I never felt better in my life" chante-t-il sur "The Classical" et ça se sent.

Maxence Grugier Le 22 janvier 2008
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