Durant l'enregistrement de
Levitate,
Mark E. Smith qui a totalement basculé dans l'alcoolisme, est souvent absent, les membres enregistrent une partie de l'album sans lui. Quand il est en studio, il vomit ses lyrics mieux que jamais ("
Hurricane Edward") et balance ses insanités sur des rythmes pilonnés rappelant parfois le dub punk de PiL période
Metal Box ("
Ten House of Eve") ou d'étonnants morceaux d'electro rock où les riffs industriels de
Nine Inch Nails rencontreraient les pitreries des
Happy Mondays ("
Masquerade"). En gros,
Levitate voit la musique concrète la plus je-m'en-foutiste ("
Tragic Days") flirter avec des inserts de piano à la Satie, des ballades (le très bel instrumental piano/synthé de "Jap Kid"), des reprises rockabilly et punk rock tarées ("
I'm a Mummy", "
Jungle Rock"), des morceaux expérimentaux inaudibles, ou presque, sur lequel le chanteur parle, ou hurle ("
4.5. Inch", la cavalcade psychée de "
Ol' Ganz"). Grand bordel désorganisé,
Levitate est souvent considéré comme le pire album de The Fall, et pourtant, il contient des morceaux précurseurs (de ce qui deviendra le punk funk actuel,
LCD Soundsystem, etc.) et de très beaux morceaux ("
Everybody but myself", "
Jap Kid", "
Ten House of Eve", "
Masquerade"). Totalement culte, totalement bizarre.