The Only Ones




Trois des albums des Only Ones, sont réédités en février 2009 par Sony/BMG. Trois trésors de la fin des années 70 d'un groupe emblématique du rock anglais. En 2007, 25 ans après sa séparation, le groupe se reforme pour une série de concerts outre-Manche. Juste avant leur date à Londres, le guitariste et co-fondateur, John Perry était revenu sur le passé du groupe. Interview de rêve et bien réelle !

The Only Ones sur Flu

Ca fait bizarre de se trouver en face d’une légende…vivante. Vous êtes bien le guitariste des Only Ones ?
Oui, c’est bien moi, le guitariste des Only Ones (il répète l’expression en souriant de plaisir). Je l’ai été pendant 5 ans par le passé, et j’ai la joie de l’être à nouveau depuis quelques mois… C’est une sensation étrange. En réalité, je n’ai jamais cessé de penser à ce groupe pendant toutes ces années.

Vous avez pourtant travaillé avec quelques grands groupes (Johnny Thunders, Marianne Faithfull, The Sisters of Mercy, Grateful Dead…), écrit quelques belles biographies musicales, pendant tout ce temps ?
Oui, c’est vrai. J’ai fait quelques trucs intéressants, mais rien qui ait été aussi bon et puissant que ce que j’ai fait avec les trois autres types du groupe.

 


C’est pour ça que vous vous êtes reformés ?
Je ne sais pas encore. Ce n’est pas clair. Vous devez penser que c’est avant tout une histoire d’argent. Tout le monde se reforme aujourd’hui. Je me demande même s’il n’y a pas des groupes qui se sont séparés pour le plaisir de pouvoir annoncer leur retour quelques années plus tard. Bien sûr, l’argent entre en ligne de compte, même si je ne suis pas certain qu’on fasse fortune. Nous avons toujours été un groupe discret, un groupe pour les connaisseurs. Je suis sûr qu’on va vendre quelques compilations de nos titres, mais ce n’est pas la vérité de notre réunion. C’est juste que c’était le bon moment. Peter Perrett en avait envie mais n’était pas sûr de pouvoir. Alan était le plus déterminé mais tout dépendait de Peter. Tout le monde se demandait s’il pouvait encore chanter.

 

Vous vous êtes vus pendant toutes ces années ?
Parfois. Mais ce n’était pas facile. (gêne) La chose s’est finalement faite assez naturellement. Peter n’était pas trop mal. On a commencé à répéter, sans idée de faire quoi que ce soit et au fil des sessions, on s’est rendu compte que cela ne sonnait pas trop mal, que les chansons étaient bonnes et qu’on n'était pas finis.

Votre musique n’a pas vraiment vieilli mais n’est-ce pas non plus dans l’air du temps. Vos solos de guitare, par exemple, vous n’aviez pas peur que ça fasse un peu daté ?
C’est ce qu’on nous reprochait déjà à l’époque. Lorsqu’il y avait les punks, on était les seuls à jouer de cette manière. Aujourd’hui, on est toujours un peu en décalage mais pas mal de jeunes groupes ont remis au goût du jour notre manière de jouer.

J’ai l’impression que vous êtes un peu plus en retenue que par le passé de ce côté là ?
J’ai toujours eu un style économe. Je ne suis pas… (rires) Mark Knopfler, ni un excité. On peut jouer de la guitare sans sauter dans tous les coins et se prendre pour un guitar hero.

Vous avez joué une nouvelle chanson sur scène. Il y en a d’autres ?
Peter a plusieurs chansons en réserve…

Plusieurs ?
Pas mal, je crois, mais nous n’avons pas eu le temps de les apprendre. Nous avons besoin de voir venir avant de penser à autre chose. On ne sait pas si cela va durer. On prend les dates les unes après les autres. On va faire le festival O2 bientôt, mais nous ne sommes même pas sur les affiches. C’est inattendu. Nous avons suffisamment de plaisir à jouer les morceaux anciens. Après toutes ces années, on a parfois l’impression que ce sont de nouvelles chansons d’ailleurs. Il y en avait que nous avions un peu oublié.

Qu’est-ce que ça vous fait de voir que le public connaît par cœur "Another Girl", mais aussi "Lovers of Today", "Flaming Torch", "The Beast"
Ce sont de bonnes chansons. Je ne pense pas que le groupe mérite des louanges ou le succès. Par contre, les chansons, oui. Peter, le groupe et moi, avons fait de bonnes chansons. C’est ce qui est intéressant.

Si je vous dis que vous êtes un groupe mythique ?
Ca ne veut rien dire. Il y a des tas de groupes mythiques. Et je sais pourquoi vous dîtes ça. Ce ne sont pas forcément de bonnes raisons.

On doit vous demander à chaque fois comment va Peter Perrett ? S’il va tenir longtemps. Qu’il est très maigre. Ca vous emmerde ?
Oui et non. Ce n’est pas ce qui m’intéresse. L’important est qu’il soit avec nous et qu’il chante aussi bien. Vous allez voir, je crois qu’on se débrouille assez bien.

Vous êtes angoissé à l’idée de faire une grande salle londonienne ?
Nous n’avons pas encore eu l’occasion de refaire une salle de cette importance, c’est vrai. La tournée s’est montée assez rapidement et il n’y a pas eu beaucoup de publicité. C’est une soirée importante, en effet. Mais je n’ai pas peur. On revient de loin, vous savez. C’est difficile d’avoir peur après tout ça.

 

Illus : John Perry

Myosotis.

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