L’histoire des Ramones commence à Forest Hills, dans le Queens, où les quatre garnements qui vont devenir les Ramones passent leur enfance. Leur seul point commun, hormis des résultats scolaires désespérants, est leur intérêt pour
Iggy Pop, les
Stooges et les
New York Dolls. Après quelques répétitions sommaires, leurs grands débuts ont lieu sur l’étroite scène du CBGB.
La simplicité de leur son et de leur look font d’eux les chefs de fil de cette nouvelle esthétique qu’on ne va pas tarder à appeler « punk ». D’
Andy Warhol à
Malcolm Mclaren, tout le monde assiste aux concerts des Ramones. Le label new-yorkais Sire les signe ; le premier album ne tarde pas à suivre, en 1976. Les ventes sont médiocres mais son influence sur la nouvelle scène musicale va s’avérer immense.
Le groupe joue pour la première fois à Londres, à l’été 1976, en pleine effervescence « pré-punk », et est particulièrement bien accueilli. Mais, dès la fin de l’année, les Anglais ont leurs propres groupes punks et l’attention des journalistes semble se détourner un peu des Ramones. Ceux-ci vont pourtant sortir, en 77 et 78, deux grands disques :
Rocket to Russia et
Road to Ruin. Les ventes, en revanche, ne s’améliorent guère.
Les premières dissensions se font sentir au sein du groupe. Tommy, le batteur et réalisateur du groupe, sans doute las des ventes médiocres et des tournées sans gloire, tire sa révérence.
Les Ramone ont besoin d’un hit. Ils se tournent alors vers le producteur
Phil Spector pour réaliser l’album suivant :
End Of Century (1980). Cet album laissera un goût amer à tout le monde. On attendait beaucoup de la collaboration Spector/ Ramones qui, sur le papier, ressemble à une idée géniale. Mais, comme à l’accoutumée, les ventent restent médiocres et les fans crient à la trahison.
A l’issue de cet enregistrement, les relations au sein du groupe prennent un tour malsain, qui perdurera jusqu’à la séparation. Le principal enseignement que les Ramones tirent de cette tentative avec Spector est qu’ils ne seront sans doute jamais de gros vendeurs de disques.
Les rapports entre Johnny et Joey se détériorent dramatiquement durant cette décennie 80, surtout depuis que le premier a séduit la petite amie du second. Dès lors, les deux hommes ne s’adresseront jamais plus la parole, bien que contraints de partager le même minibus à longueur d’années.
C’est ensuite au tour de Dee Dee de quitter le groupe – il écrira une autobiographie hautement recommandable :
Mort aux Ramones, que traduit
Virginie Despentes.
Johnny, imperturbablement, continue à remplacer les membres démissionnaires, et les Ramones enregistrant, bon an mal an, un album, suivi invariablement d’une tournée. Ses détracteurs l’accuseront d’avoir continuer à booker le groupe en sachant Joey au seuil de la mort (ce dernier souffrait d’un cancer).
Le mouvement grunge, dans les années 90, apportera un regain d’intérêt pour les Ramones. Et alors que l’Europe et les Etats-Unis continuent de les considérer comme un « cult band », le Brésil et L’Afrique du Sud leur réservent un succès digne des
Beatles.
Le groupe se sépare en 1996. En 2007, le seul survivant de la formation originale est Tommy.