Le groupe se forme en 1974, à Guilford, avec Jet Black (batterie), Hugh Cornwell (guitare-voix), Jean-Jacques Burnel (basse), et Dave Greenfield (claviers). L’année suivante, ils s’installent à Londres et commencent à arpenter le circuit des pubs. A l’instar des
Sex Pistols, ils sont suivis par un noyau de fans purs et durs : les Finchley Boys, un gang de hooligans qui leur est dévoué corps et âme. La scène punk qui émerge à Londres, en 76, se reconnaît dans l’attitude agressive des Stranglers, et permet au groupe de trouver un public.
Ils signent leur premier contrat discographique fin 76, avec United Artists. Le premier single sort en février de l’année suivante.
Le premier album,
Rattus Norvegicus, grimpe directement à la 4e place des charts.
La longue relation d’amour/ haine avec la presse commence dès cette époque. Les Stranglers sont populaires auprès du public, mais mal aimés des élites, qui les accusent notamment de misogynie – peut-être pas tout à fait à tort ?
Les polémiques avec les journalistes sont nombreuses : le morceau London Lady est une attaque au vitriol de la journaliste Caroline Coon, qui travaille pour l’hebdomadaire
Sounds. Leur deuxième album,
No More Heroes, assoit leur popularité, atteignant la deuxième place des charts. Les classiques du groupe sont tous écrits à cette époque :
Peaches, No More Heroes…
Même si la presse les déteste – et les Stranglers le lui rendent bien ! -, elle ne peut les ignorer, car le groupe est omniprésent dans le paysage musical anglais, de 1976 à 1980, et place de nombreux simples dans les charts.
Les albums suivants,
Black & White, en 78, et
The Raven, en 79, sont aussi des succès. Les Stranglers font alors une étonnante reprise du
Walk On By de Dionne Warwick (ou quand le punk rock rencontre la ballade R’n’B…).
Le succès du groupe ne se démentira pas, une fois la vague punk retombée. Tout juste le temps entre chaque album s’allongera-t-il de plus en plus.
Les Stranglers seront un des groupes anglais importants des années 80. Sans rien céder, toutefois, sur le front du scandale et de la controverse. A Nice, par exemple, ils seront arrêtés après avoir demandé à la foule de saccager la salle universitaire dans laquelle ils se produisaient (les Stranglers accusaient les autorités universitaires de leur avoir refusé le courant nécessaire au bon déroulement du concert). Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres…
Malgré le départ d’Hugh Cornwell, en 90, Jean-Jacques Burnel, Jet Black et Dave Greenfield ont maintenu bien haut la tradition des Stranglers, continuant jusqu’à ce jour à dispenser insultes et imprécations, sur CD comme sur scène.