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Lire notre interview avec Thee Oh Sees
A l’instar des Feelies, de Swell ou de feu-Guided By Voices, Thee Oh Sees est de ces groupes de rock indie adulé par la critique, culte pour beaucoup, mais finalement peu connu du grand public. Et c’est vraiment dommage parce qu’avec The Master’s Bedroom is Worth SpendingA Night In, Thee Oh Sees fait très fort. En effet, ce quatuor de San Fransisco bénéficiant d’un fort taux d’audience dans sa ville, n’a pas son pareil pour révolutionner le bon vieux rock’n’roll tout en lui redonnant ses lettres de noblesse, son énergie et son audace. Ce que David Sitek de TV On The Radio a très bien compris, lui qui a proposé une collaboration au groupe lors d’un passage de celui-ci à New York.

Avouons que ce n’est pas encore maintenant que le groupe rencontrera cette trinité, même si leur nouvel album bourré de mélodies subliminales et de références à la culture pop et aux classiques du rock’n’roll est une vraie claque. Peut-être cela vient-il d’un tempérament inné d’outsider, car tout critique pressé de classer Thee Oh Sees dans une catégorie prédéfinie serait bien embêté. Sur The Master’s Bedroom is Worth Spending A Night In, les rythmes calibrés du garage rock des 60’s et ses riffs psychédéliques sauvages rencontrent la production nuageuse du shoegazing des 80’s. Les mélodies pop entêtantes sont régulièrement noyées sous une tonne de reverb’. En célébrant leur "nouveau" rock’n’roll, Thee Oh Sees réhabilitent le mur du son d’un Phil Spector et rétablissent l’équation mélodie + bruit = pop songs sucrées salées. Une école qui avait déjà inspiré The Jesus And Mary Chain, Ride ou My Bloody Valentine avant eux.
Le fait est que Thee Oh Sees fait rêver. Avec ses faux airs de ne pas y toucher, le groupe rappelle la grande époque du rock indé. Une ère de slackers magnifiques, où Yo La Tengo, Pavement, Dinosaur Jr et Pixies côtoyaient le sommet des charts indés des college radios et résonnaient sur les campus US. Des chansons immortelles comme "Block of Ice", "Maria Stacks" ou "You Will See This Dog Before You Die" ont, non seulement de quoi réveiller les morts (ceux des géants du rock par exemple) mais aussi de redonner goût au rock au réfractaire blasé le plus endurci. Et ça, avouez que c’est assez rare de nos jours pour être allègrement célébré !

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