Le ukulélé est à la guitare ce que le string est au caleçon. ”
A mi-chemin entre
Serge Gainsbourg,
Jacques Higelin, et
Jacques Prévert, Thomas Fersen, clown tendre et poétique, construit un univers bariolé et enfantin de sa voix gouailleuse, pour séduire un public de plus en plus large. S'il naît en plein coeur de la capitale le 4 janvier 1963, Thomas Fersen grandit en banlieue dans le Val-de-Marne entre un père banquier, une mère infirmière et ses deux sœurs aînées. Chez ses grands-parents, à la campagne près de Roanne, il découvre les « bê-bêtes », qui ne cesseront de hanter ses chansons, et la musique, que pratique son grand-père à ses heures.
Après son baccalauréat, et des études d'électronique menées sans conviction, il monte, en pleine mouvance punk, le groupe « UU » puis « Figure of Fun ». Le virus du voyage gagne alors le jeune adulte qui s'embarque en Amérique latine, puis en Norvège, où il commence à écrire des chansons, et trouve son pseudo (Thomas pour le prénom d'un footballeur anglais et Fersen pour l'amant de Marie-Antoinette).
De retour à Paris, Thomas Fersen écume les scènes des pianos bars : il rôde ses chansons. Ses maquettes retiennent l'attention de Vincent Frèrebeau, un guitariste qui travaille alors sur le label Vogue. Il lui donne la possibilité d'enregistrer un single en 1988 Ton héros Jane, suivi du Peuple de la nuit en 1990, deux titres qui passent, hélas, inaperçus !
C'est en janvier 1993 que paraît son premier album Le bal des oiseaux, illustré par
Robert Doisneau. La consécration est là : le public honore ce petit bijou de tendresse, d'humour, d'ironie, de poésie. Les salles et les festivals ne désemplissent pas. Surtout, le chanteur se démarque de son époque par sa tenue vestimentaire, les couleurs, son look nonchalant et détaché. Avec Les ronds de carotte (1995), il confirme son style déjanté, ludique, et gentiment loufoque. Musicalement, il prend son envol avec son troisième opus Le jour du poisson, arrangé par Joseph Racaille, et interprété par des musiciens aussi émérites que Didier Lockwood ou
Richard Galliano.
Le quatrième album s'intitule tout naturellement Quatre, suivi par Pièces montées des grands jours dans lequel il effectue un duo avec
Marie Trintignant. Sur cet album, il s'occupe aussi des arrangements musicaux. Enfin, dans son sixième opus Le Pavillon des fous, l'artiste propose onze scénarii, racontant les aventures de personnages un peu dérangés.
> L'univers de Thomas Fersen se retrouve déjà dans le titre. Le site, très complet, récapitule la ménagerie et le lexique de Thomas Fersen, reprend les articles parus sur le poète de la scène et du piano-bar.