La République autonome de Touva, au Nord de la Mongolie, est fameuse pour ce que l’on appelle « khomey », chant diphonique (ou harmonique puisqu’il consiste en l’émission de deux sons : un bourdon et l’une de ses harmoniques). Lié au chamanisme et à la croyance de la coexistence de mondes différents, ce chant recouvre une vaste gamme de thèmes et de techniques. Berceuses, chants des courses à cheval dans la steppe, chants des montagnes, « chant sifflet » imitent les bruits de la nature autant qu’ils évoquent les émotions. Les chants Touvas sont généralement accompagnés au doshpulur, luth à long manche et à cordes pincées, instrument de prédilection des peuples nomades. On trouve aussi le khomus, ou guimbarde ; l’igil, vièle à pique à deux cordes tendues sur un manche à tête de cheval, calée par le musicien sur sa botte ; ou encore le dungur, tambour plat lié à l’origine au chamanisme. Le Théâtre Claude Lévi-Strauss a présenté, en 2007, lors de son cycle sur le chamanisme, des chanteurs touvas ; également invités au festival Les Orientales 2007. Mais c’est surtout le groupe Huun-Huur Tu et ses expérimentations électrifiées qui conquiert aujourd’hui le grand public international.