The Last Resort de Trentemoller



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Trentemoller, New Kid on a Block



Sur The Last Resort, premier album au romantisme sombre et glacé, Trentemoller poursuit là où s'était arrêté l'allemand Isolée : sur la voie d'une techno débarrassée de tous clichés. House, dub, ambiant, progressive et même pop ou surf music, le danois ne se refuse rien. Normal, il sait tout faire.
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Rassurez-vous, Anders Trentemoller a beau venir

de la partie la plus froide de notre hémisphère, on vous épargnera ici les fameux clichés de "la techno qui venait du froid" ou "la nouvelle sensation venue du nord", ce serait passer à côté des principales qualités de cet étonnant album : la diversité de ses ambiances, la minutie de ses compositions et surtout la puissance d'évocation de ses paysages sonores.
Producteur multi-awardé après une dizaine de maxis calibrés pour le dancefloor et une multitude de remixes plus ou moins controversés, Anders Trentemoller a beau incarner le nouveau souffle d'une techno en mal d'inventions, il faut bien avouer que personne ne s'attendait à un album de la trempe de The Last Resort. En plus d'être un véritable album et pas une compilation de tracks à danser, celui-ci se paie le luxe d'innover sans tomber dans la prétention, tout en sortant les figures tutélaires de la musique électronique (techno et house) de leurs ornières. Il faut dire que, comme beaucoup de producteur de sa génération, ce jeune homme fraîchement débarqué à Copenhague ne vient ni de la techno, ni de la house. Sur The Last Resort, Trentemoller joue de tous les instruments (la guitare et la basse y sont omniprésentes), il invite des chanteurs et des turntablistes et pourtant, vous écoutez un album de musique électronique, signé sur le label minimaliste par excellence : Poker Flat. Preuve de la disparition de frontières entre des genres désormais obsolètes.

"Je joue de la musique depuis presque douze ans. Je jouais déjà du synthétiseur dans un groupe de rock principalement influencé par The Cure, les Stone Roses, Happy Mondays ou The Smiths avant de découvrir la musique électronique au cours d'un voyage à Londres", déclarait l'intéressé au cours d'un entretien qu'il nous accordait par email. Si ces influences latentes, la new-wave et la pop anglaise, se font sentir sur The Last Resort, la précision quasi-chirurgicale de ses agencements, son ampleur acoustique, eux, sont bels et bien la marque des grands producteurs électros, des Maurizio et consort. Une référence au boss de Basic Channel et Chain Reaction et aux les années d'or du munimalisme tech'n'dub berlinois qui n'est pas gratuite, car de "Evil Dub" le bien nommé à "Nightwalker" on ne peut qu'être attentif aux fantômes click'n dub qui hantent tout l'album.
Mais nous parlions d'innovations et il serait contradictoire ici de parler d'influences, Trentemoller étant largement capable de s'émanciper. Partant des belles envolées progressives avec cordes, mélodica et guitare slide de "Take Me Into Your Skin", au funk futuriste et onirique de "Into The Threes" et "Chameleon", en passant par les réminiscence new wave ("Like Two Strangers") et rock assumées ("Vamp" ou "The Very Last Resort", sorte de Calexico givré), sans oublier la pop mélodieuse de "While The Cold Winter Waiting" et "Miss You" ou sa relecture du tube potentiel "Always Something Better" (une dynamite instrumentale, originalement accompagné de la voix de Richard Davis mais finalement uniquement inscrite au maxi radio par Trentemoller lui-même), c'est à une véritable refonte maîtrisée des dix dernières années de musique électronique que l'on assiste médusé.

Saluons également l'excellente initiative de Poker Flat qui a choisi de mettre ce monstre d'album en perspective avec les 11 maxis sortis par Trentemoller entre 2004 et aujourd'hui sur un CD bonus accompagnant le dit-album. On s'extasie alors d'autant plus à l'écoute de "Polar Shift", "Chameleon", "Prana" ou "Nam Nam", tous unanimement loués et régulièrement joués par les plus grand s DJ de la planète (François K, Laurent Garnier et autre Jennifer Cardini), parfaite illustration du son Trentemoller, "cet impeccable et précis son flottant" comme disait si justement François Kevorkian dans son double CD mix de l'été, Frequencies.

Ajoutons que son arrivé dans nos bureaux en juillet, soit quatre mois avant sa parution officielle, a failli nous faire quelque peu oublier à quel point The Last Resort est un album de saison. En ce milieu du mois d'octobre, vous n'en apprécierez qu'encore plus son climat brumeux et son électronique arctique... une conclusion d'article prouvant qu'au final, les clichés ont la vie dure.

The Last Resort
Trentemoller
Poker Flat / La Baleine
Sortie en octobre 2006

Maxence Grugier Le 12 October 2006
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Sur le Web : - le blog myspace de Trentemoller - le site du label Poker Flat




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