Là, j'en vois déjà se dire : "Ohlala, il nous fait une crise de mégalo le Danois !" En effet, après le succès du magnifique
The Last Resort, nommer un disque
The Trentemøller Chronicles sonne comme l'aveu assumé d'une auto-congratulation quelque peu condescendante de la part d'un producteur talentueux, mais à qui il reste également encore beaucoup à prouver. Les apparences sont trompeuses. Car ce nouvel album, qui n'en est pas vraiment un, ne porte ce titre que parce qu'il représente une somme dans la carrière de
Trentemoller. En effet,
The Trentemøller Chronicles est un peu un voyage à rebours dans le cycle de ses productions. Une sorte de panorama élaboré. Un disque charnière, juste avant de passer à autre chose, car
Trentemoller a de grands projets, mais nous y reviendrons plus tard...
The Trentemøller Chronicles se présente comme un beau double album, toujours marqué de l'emprunte d'une certaine mélancolie new wave qui propose sur une première moitié les morceaux les plus ambient de son répertoire, "
The Forest", "
McKlaren" un remix du duo Klovn de Copenhague et le grandiose "
Snowflakes" d'une part, et de l'autre, ses compositions les plus dancefloor. Le disque est parfaitement coupé en deux, et offre la primeur de deux luxueux inédits : "
Klodsmajor" et "
Blood in The Streets", des titres presque acoustiques, guitare et piano, pour des ambiances précieuses qui creusent le sillon de son précédent album, tout en en accentuant le côté "rock". On y retrouve l'emphase son goût pour les basses très en avant, l'art avec lequel il manie les échos à la Basic Channel/Chain Reaction sur les morceaux plus "
4 to the floor" (c'est particulièrement évident sur "
Kink", "
Gush", "
Physical Fraction"). Tout au long de
The Trentemøller Chronicles, les titres ne sont jamais dénués de romantisme, ni de mélodies et son amour de la pop, fut-elle electro transparaît idéalement sur "
Always Something Better" ou "
Moan", tous deux tirés de
The Last Resort. Un second CD présentant un large éventail des travaux de remixes du Danois (
Röyksopp, Mathias Schaffhäuser,
Moby...) vient compléter ce
Trentemøller Chronicles de haute tenue, même si l'on n'en comprend pas réellement l'utilité, si ce n'est d'annoncer quelque chose, "d'autre".
Un nouveau Trentemoller, donc, qui prépare une nouvelle mue, un voyage vers des continents encore plus pop et rock, voire une tournée mondiale accompagnée d'un groupe, guitare, basse, batterie et chant... A suivre donc. En attendant, gageons que ce producteur danois élevé aux Smiths et aux Cure, nous réserve encore bien des surprises.
Maxence Grugier
Le 01 janvier 2008