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Jeune groupe français dont on a déjà parlé sur Playlist, les Two Hats in A Crowd jouent un emballant rock électrique entre Pavement, Herman Düne et le Velvet Underground. Rencontre avec ceux qu’on aimerait voir devenir les Arctic Monkeys français.
Leurs 14 ou 15 titres toujours disponibles sur leur site sont presque tous très bons et très proches du son qu’ils affichent lors de concerts de plus en plus nombreux. Qu’est-ce que ça fait d’être un jeune groupe excellent dans le monde de la variétoche ? Qui a dit que le rock français n’existait pas ? Euh…
Pouvez-vous présenter le groupe rapidement ?
Olivier et moi jouons ensemble depuis fin 2002. On a longtemps tenu cette formation à deux, Olivier à la batterie et moi à la guitare et au chant. Alex nous a rejoint à la basse il y a peu de temps, en décembre dernier. J’avais joué avec lui il y a quelques années (il y a 7 ans je crois !) dans un autre groupe, et j’avais gardé un super souvenir de son "style"… On s’est revus à l’occasion d’un mariage, on a un peu reparlé musique, on s’est dit que ça serait cool de remettre ça, on a essayé et tout de suite accroché !
D’où vient le nom du groupe ?
J’ai toujours une casquette vissée sur la tête, et Olivier en avait souvent une lors de nos premiers concerts… et hop pour "Two Hats" ! Et lors d’un concert de Blonde Redhead, je nous imaginais seuls à porter une casquette au milieu du public, on se regardait avec de grands sourires dès que le groupe commençait à jouer nos chansons préférées…
De quel milieu social venez-vous ? Etes-vous comme la plupart des rockers français issus de bonnes familles ?
Olivier et moi sommes des fils d’immigrés portugais… pas trop le style à rouler sur l’or, même si on n’a pas vraiment à se plaindre. Alex est suisse, mais je ne sais pas si ça le fait d’office entrer dans la catégorie "fils de bonne famille"…
Vous avez maintenant… 14 titres sur le net. Quelle est votre ambition ? Avez-vous eu des contacts avec des maisons de disque ? Ou est-ce que vous comptez sur le site pour vous faire remarquer ?
On a envie que nos chansons laissent une trace, qu’elles trouvent leur public. On adorerait sortir un "vrai disque" évidemment, qu’on puisse le trouver dans dix ans sur le catalogue d’un label… mais d’ici là on a de la route ! Le site web existe et on en est plutôt contents, on a même droit à quelques visites régulières…
L’ordre du jour c’est la scène, la scène, la scène ! On adore jouer live, on compte bien enchaîner les concerts cette année… Faudra qu’on pense à l’occasion à enregistrer proprement nos nouvelles chansons !
Avez-vous des jobs à côté ? Jusqu’où êtes-vous prêts à aller en terme d’engagement pour votre musique ? J’imagine que c’est un des débats qu’on a souvent à ce stade…. Comment ça se passe dans le groupe ?
On bosse tous à côté, Olivier enchaîne les petits jobs, Alex est graphiste en freelance, et moi je travaille dans une espèce de banque… Ça nous amène à pas mal jongler, mais on s’en tire pas trop mal pour l’instant. La motivation est là, encore plus qu’avant, maintenant qu’on est trois.
Quand avez-vous donné votre premier concert ? Comment c’était et comment ça se passe généralement pour vous sur scène ?
Notre tout premier concert (à deux) remonte à juin 2003 je crois, un après midi dans le bar d’un ami. C’était assez génial pour nous de pouvoir montrer nos chansons, à nos amis sur place principalement… On a retrouvé ça avec Alex, fin janvier, c’était extra ! On avait 5 nouvelles chansons avec lui, c’était comme si c’était un nouveau groupe.
Ca vous dirait de devenir les Arctic Monkeys français (ou les Lorie du rock, les Kamini de 2007 ?)
Pour le côté “waouh on n’a pas sorti d’album dans le commerce et il y a plein de gens qui connaissent nos chansons”, c’est sûr que ça serait top. Pour le reste je ne connais pas trop leur histoire…
Vous avez un son étonnant et assez rare pour un groupe français et notamment une section basse-batterie excellente, très lourde et en même temps pas balourde. Ca vient d’où ses bonnes influences, cette technique ?
Le truc c’est qu’on aime bien avoir un son plutôt épuré, proche du live… on n’a pas peur des fausses notes, pour moi ça donne un côté plus humain à la musique. Je crois que ça me vient de toutes ces années à écouter du Pavement en boucle et à voir Hefner et Herman Düne sur scène !
Au jeu des ressemblances, on devine que vous écoutez ou avez écouté Pavement, Lou Reed (?), les Silverjews. Est-ce que j’ai bon ? Souvent les gens qui forment des groupes ont des influences assez hétérogènes. Est-ce que c’est votre cas ou est-ce que vous vous rassemblez sur un goût commun ?
Bien vu pour les influences ! Olivier et moi on écoute sensiblement la même chose, alors qu’Alex écoute pas grand-chose de son côté, si je me trompe pas… A part le Velvet Underground, je crois qu’il ne connaît aucun de nos groupes préférés ! C’est peut-être un avantage d’ailleurs, il est peut être plus "libre" finalement quand il joue…
Ecoutez-vous ou côtoyez-vous d’autres groupes français ?
Sur Paris, on traîne avec Maison Neuve, de bons amis, et avec Frent, avec qui Alex joue depuis des années.
Vous abordez dans vos titres, et dans les textes, différents registres, des thèmes, disons, personnels (l’amour, la déception, sur "Summergrounds", par exemple) et des thèmes plus graves ou plus aigus ("Nazi man" évidemment ou "Rough"…). Vous vous êtes fixés un cadre de composition ?
Il y a pas de cadre en tant que tel, mais la quasi-totalité des chansons sont vraiment personnelles : ça parle de mon entourage, de souvenirs, de ma perception souvent distordue de certaines personnes ou événements. Même si il y a une grosse part de vérité, tout n’est pas toujours vrai… Ça me vient d’une phrase de Darren Hayman qui m’a marqué, sur le single de "The Sweetness Lies Within" : "don’t let the truth get in the way of a good story", ou un truc comme ça…
Qui écrit les textes ? Les mélodies ? Il y a un leader omnipotent ou c’est un travail collectif ?
J’écris les textes et les mélodies, je ne sais pas si ça fait de moi "un leader omnipotent" mais bon… Les chansons prennent forme réellement que lorsqu’on les joue à trois, c’est à ce moment seulement qu’elles trouvent leur style… Ce qu’apporte Olivier et Alex est vraiment irremplaçable, je ne pourrais pas jouer ces chansons avec d’autres personnes qu’eux. C’est une espèce de confiance entre nous qui fait ça, une espèce d’harmonie…
Ma chanson préférée (et j’en aime au moins 10 ou 11 sur les 14, ce qui est énorme) est "Nazi Man". C’est franchement un p***** de bon titre. Sur ce titre, vous avez un angle assez adroit qui est tenu partiellement et qui est celui du Nazi, avec cette réplique imparable : "I am A Nazi and I love It. Who the f*** are you ?" . Comment vous est venue cette chanson ?
C’est un peu farfelu la façon dont ça m’est venu… J’étais tombé sur un site web sur le backmasking, les "messages" qu’on entend quand on passe un disque à l’envers… et il y avait une chanson d’AC/DC qui donnait (si on veut l’entendre) "I am a nazi and I love it, who the fuck are you" ! Peu de temps après, je traînais dans un bar et un mec s’est pointé, il parlait au comptoir de son groupe préféré, AC/DC… Je me suis imaginé le bonhomme comme étant nazi, fan d’AC/DC connaissant le message secret, et qui venait noyer son chagrin d’amour après ses journées de travail passées à balayer…
Vous avez écouté quoi de bien récemment ?
Ah ! Ces derniers temps j’écoute Deerhoof en boucle, ce groupe est hallucinant ! Je m’y suis mis très tard, après qu’ils m’aient retourné le cerveau deux soirs d’affilée sur scène, à l’ATP de décembre dernier…
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