Vampire Weekend de Vampire Weekend



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dandysme afro-pop



Avec leur premier album éponyme, les quatre amérocains de Vampire Weekend remettent avec une élégance toute décontractée l'Afro-Pop au centre de la hype.
Vampire Weekend, c'est un peu les anti-M.I.A. : quatre jeunes garçons de la bonne société américaine pris de passion pour l'Afro-Pop qui décident d'en importer tous les signifiants musicaux pour les adapter à ce qu'eux connaissent, c'est-à-dire la vie sur les campus des meilleures universités du Massasuchetts. On comprend que la démarche puisse énerver le genre de type qui reprochait aux Strokes d'être riches mais elle a le mérite de l'honnêteté.

Le mélange tenté n'a rien que XTC, Orange Juice ou les Talking Heads n'aient déjà réussi dans les années 1980. Ce qui est peut-être plus remarquable, c'est la légereté et la modestie du groupe, qui laissent la place à chaque instrument de s'exprimer clairement sans en faire des caisses. Le chanteur Ezra Koenig énonce ses paroles avec une décontraction et un détachement qui rappellent celle d'un slacker indie rock des années 1990 à la Stephen Malkmus, le côté branleur en moins. La décontraction de ces garçons n'a rien du laisser-aller mais évoque plus une aisance et une élégance de dandy.

Quelques morceaux comme "A-Punk", "Cape Cod Kwassa Kwassa" ou "Mansard Roof" ont un pouvoir de séduction immédiat et énorme, on ne se lasse pas de les réécouter : leur simplicité et leur économie d'effet leurs permettent de nous rester en tête sans nous énerver. L'album globalement est cependant très inconsistant et quelques chansons du milieu comme "One" ou "Bryn" sont d'une faiblesse impardonnable : la simplicité et la décontraction, c'est bien quand ça marche mais quand c'est raté, ça ressemble plus à de l'arrogance et de la fainéantise.

 


 

2goldfish Le 16 January 2008