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Après le remarqué Apologies To The Queen Mary, Wolf Parade sort en début d’été son second opus, At Mount Zoomer. Une réussite prévisible, mais qui passe par d’inattendues circonvolutions.
D'un revers de manche de guitare électrique, At Mount Zoomer balaie ces présupposés imbéciles et attise ma foi payenne portée à la musique. A chacun son trip estival ; l'album des Canadiens aura été ma drogue d'août.

Prenant à contrepied la simplicité des morceaux de Apologies To The Queen Mary, un soin particulier a été apporté à la composition. Fait remarquable, le génie croisé de Dan Boeckner et Spencer Krug a su préserver une sorte d'immédiateté dans des structures pourtant inventives et complexes : ponts multiples, refrains gommés dans une succession de passages accrocheurs ("California Dreamer"), changements de tempo et montées vertigineuses, tous les artefacts si laids dans le rock progressif technique sont ici empreints d'une grâce simple et purement jouissive.
On aura beau repérer du Bowie dans "An Animal In Care", du Television sur "Fine Young Cannibal", du Arcade Fire dans l'énergie geignarde et le disco sans paillette, du Rien dans l'à-propos mélodique, il faut se rendre à l'évidence : le groupe s'accomode brillamment de ses multiples références et jongle habilement entre l'urgence d'un "The Grey Estates" et la classe immense de "Fine Young Cannibal", peut-être le morceau le plus impressionnant de cette cuvée 2008.
Riffs astucieux et claviers mixés en avant (bienheureux Hadji Bakara !) nous font presque oublier la qualité des vocaux, dont nous laissons l'analyse poussée aux anglophones de passage. Porté par une audace qui fait plaisir à entendre, le quartet file vers les cimes du rock avec "Kissing The Beehive", marathon jalonné de syncopes. Les chants de Dan et Spencer, enfin entremêlés, touchent au sublime lorsque résonne l'incantatoire "Fire In The Hole ! Fire In The Hole !" : un cri qui glace la song. La coda instrumentale, vrillée de synthés psychédéliques faisant la nique aux guitares acides, achève en beauté un disque dont on ne peut que saluer la hardiesse. C'est tout du moins ce que m'incline à faire mon goût immodéré pour les chansons gigognes...

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