Cette chanson est copyrightée aux Etats-Unis, sous le Sceau #154085, pour une période de 28 ans, et quiconque sera pris en train de la chanter sans notre permission, sera considéré comme un bon ami, parce qu'on en a rien à fiche. Publiez la. Ecrivez la. Chantez la. Même à la Tyrolienne. Dansez avec. Nous l'avons écrite, c'est tout ce qu'on voulait faire. ”
Nommé d'après le 28e président des Etats Unis, Woodrow Wilson Guthrie, dit Woody, était destiné à mêler intimement la politique à son oeuvre musicale, sans doute la folk la plus importante de la première moitié du 20e siècle. Woody quitte son Oklahoma natal (il voit le jour en 1912) pour le Texas à l’âge de 19 ans. Il y rencontre sa première femme, Mary Jennings, qui lui donne trois enfants et gagne de l’argent comme musicien de rue ou en jouant de petits concerts. En 1935, tandis que les grandes tempêtes de poussières du
Dust Bowl gagnent le Texas, il quitte l’Etat et sa famille pour suivre les émigrés d’Oklahoma (les Oakies) vers la Californie. La pauvreté des émigrants le touche profondément et beaucoup de ses chansons parlent alors des difficiles conditions de vie des travailleurs. Très engagé à gauche, il se syndique et montre à plusieurs reprises sa sympathie aux communistes (une sympathie très partagée par les chanteurs folks du début de siècle). A la fin des années 30, sa popularité s’affirme à Los Angeles et ses passages radios deviennent fréquents. Il commence à écrire des
protest songs et déménage pour New York City, où il est accueilli à bras ouvert par les communautés de gauche et de folk. Il y enregistre une longue interview illustrée de chansons pour la Bibliothèque du Congrès, ainsi que son premier véritable album,
Dust Bowl Ballads. Sa légende commence réellement dans les années 40, avec l’un de ses nombreux classiques, «
This Land is Your Land », écrite en février 1940 en opposition à «
God Bless America », l’hymne des Etats-Unis, qu’il trouve irréaliste et complaisante. En 1941, il rejoint les protestataires
Almanac Singers dans leur tournée à travers le pays et écrit de nombreuses chansons anti-guerre. A l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale, il commence à écrire des chansons anti-fascistes, inscrivant sur sa guitare «
Cette machine tue les fascistes ». Il se remarie au sortir de la guerre avec Marjorie Mazia, il en aura quatre enfants, dont Arlo Guthrie, qui suivra avec un joli succès les traces de son père. Il écrit pendant quelques temps de la musique pour enfants, mais en 1948, le crash d’un avion ramenant 28 fermiers Mexicains vers leur pays lui inspire le poème «
Deportee (plane wreck at Los Gatos) », qui sera bientôt repris par ses enfants spirituels :
Bob Dylan,
The Byrds,
Joan Baez, Cisco Houston,
Judy Collins ou encore
Dolly Parton. Et
Arlo Guthrie. A la fin des années 40, la santé de Guthrie se détériore, son comportement se fait erratique. Il quitte sa famille pour retourner en Californie, où il se marrie pour la troisième fois et a un autre enfant avant de revenir à New York. Il reçoit de nombreux diagnostiques (allant de l’alcoolisme à la schizophrénie) avant qu’on lui découvre une chorée de Huntington, une maladie génétique qui avait causé la mort de sa mère. Woody est hospitalisé dans trois établissements successifs pendant plusieurs années, se faisant visiter par les artistes qu’il a inspiré, et meurt finalement en 1966 au Centre des maladies mentales de Creedmor, dans le Queens, sans avoir pu constater le nouvel intérêt apporté à son œuvre durant le revival folk des années 60.